Entre le 25 juin 1940 et la fin du mois d’août 1944, les Landes ont vécu à l’heure allemande, de part et d’autre de la ligne de démarcation. Temps de pénurie où l’occupant confisquait, rationnait, réquisitionnait à tour de bras et où les produits de première nécessité venaient à manquer. Dans les petits villages éloignés du marché noir de la ville, il fallait donc faire preuve d’ingéniosité pour s’assurer un minimum d’hygiène corporelle et donc de dignité. Voici quelques recettes rurales d’hygiène des plus naturelles…
1916 - Du pain ! Rendez-nous notre boulanger !
Lors de la séance extraordinaire du 19 mars 1916, pétri de bonnes intentions, le Conseil municipal de Campagne-de-Marsan (Landes), réclame, à nouveau, le retour de son unique boulanger mobilisé, car le charpentier qui le remplace est âgé et ne fait ni l’affaire ni le bon pain ! Et ne parlons même pas des chocolatines ! Réitéré à plusieurs reprises, ce « vœu » finit par être exaucé, et Pierre Larrieu, qui compte tenu de son âge (43 ans) n’avait pas été envoyé dans les tranchées, réintégra sa boulangerie en avril 1917. Son absence avait dû paraître « longue comme un jour sans pain » à ses compagnons de villageois à qui on avait presque enlevé le pain de la bouche. Ce billet est également l’occasion de jouer avec vous au riche vocabulaire de la boulange.
Connaissez-vous toutes les expressions en italique dans ce billet ?
Bernard de Junca, seigneur de Campagne-de-Marsan (Landes).
Conscrits de Campagne-de-Marsan (Landes) morts au cours des guerres napoléoniennes.
Un soldat polonais meurt à Campagne-de-Marsan en 1811.
« L’an 1811, le 10 du mois de octobre, sont comparus Léon Bernède, laboureur âgé de 36 ans domicilié à Campagne voisin, et Jean Tauziède, tailleur âgé de 40 ans domicilié à Campagne chez qui le dénommé est décédé, lesquels nous ont déclaré que Moskernik Grégoire, âgé de 24 ans, profession de militaire, fils de Jean et de Sophia, Fusilier du dépôt du 1er bataillon du 9ème Régiment d’infanterie polonaise, natif de Stamlacow, du département de Stamlacow, resté en arrière d’un détachement allant en Espagne, est décédé le neuf du mois d’octobre
Dupuy, Maire ».
Un inconnu moribond et vérolé dans une pignada de Campagne-de-Marsan, en décembre 1813.
Lazarra, victime d’une erreur de bombardement allié à Sochaux.
Lazarra, 25 ans, était gérante, avec son mari André, d’une cantine dans l'un des hôtels de l'usine Peugeot à Sochaux. Lors de l'alerte de nuit - le 16 juillet 1943 - elle s'est enfuie dans les champs avec son mari et son père Vincent. Lazarra et son père ont été tués par le tapis des bombes alliées qui manquaient largement leur cible : l’usine. Un éclat de bombe a également touché la maison familiale, mais heureusement sans faire de victimes, épargnant la mère et les deux jeunes enfants de Lazarra.
Joseph Marie Jeanningros (1788-1845) - Des guerres napoléoniennes à la conquête de l’Algérie.
Mais pourquoi donc avoir renvoyé des Poilus tuberculeux du front mourir à la maison ?
Nos ancêtres ad patres sous les drapeaux aux XIXe et XXe siècles.
François Gaüzère, mort pour l’Empereur.
Le 28 janvier 1812, à l’heure de la relève, Monsieur Dupuy, adjoint au maire de Campagne (Landes), recopie un acte de décès et le certifie conforme. Ce document a mis plus de trois semaines pour parvenir au village. Maintenant, il va lui falloir informer une famille du fin fond du village, à la ferme de Soubielle, que leur fils François ne reviendra plus.
Fernand Flocel (1896-1918) fauché peu avant l’armistice de la Grande Guerre.
Pris, à l'âge de 22 ans, par la grande faucheuse, cinq semaines avant l'armistice du 11 novembre 1918.
Jean (dit Alexis) Gaüzère (1879-1926) : grand-père, victime tardive de la Grande guerre.
" Ils ne mourraient pas tous (tout de suite), mais tous étaient frappés".
Campagne (Landes) et ses victimes de la Guerre franco-prussienne de 1870-1871 ou la défaillance du service de santé des armées françaises.
Le registre des décès de Campagne (Landes) mentionne sept décès parmi les jeunes militaires, nés ou résidant à Campagne, soit un nombre anormalement élevé pour une commune qui comptait à l’époque environ 1 100 habitants. Autre bizarrerie : six Campenois sur sept sont décédés au cours du premier trimestre 1871, c’est-à-dire bien après la fin des combats et le dernier - Bernard Gaüzère de notre famille - à la fin du mois de mai 1871. Pourquoi ?
Jean Gaüzère (1789-1859), conscrit (peu enthousiaste) sous Napoléon.
Article épinglé
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