1920 – Campagne-de-Marsan inaugure son monument aux soldats morts

Comme toutes les villes et tous les villages, Campagne-de-Marsan (environ 1 000 habitants) a eu son lot de jeunes gens fauchés par la Guerre de 1914-1918. À la suite de la loi du 25 octobre 1919, « relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre », les monuments aux morts ont presque tous été érigés entre 1920 et 1925.
 

Le Républicain landais relate l’inauguration du monument aux soldats morts du 8 août 1920.

 

 

Campagne.

Inauguration du monument aux soldats morts.

 

« La fête de l’inauguration dont nous avons publié le programme et qui a eu lieu le dimanche 8 août s’est déroulée avec un temps superbe et a été en tous points réussie.

Après l’audition de l’hymne de Victor Hugo, exécuté par les jeunes filles d’une façon irréprochable sous la direction de Mlle Dupart, Monsieur Darlon*, au nom du comité, a remis le monument à la municipalité. Dans un langage clair, plein d’émotion et bien senti, il exalte éloquemment l’héroïsme des poilus et montre que ce monument fera revivre le souvenir de nos chers morts. S’adressant aux enfants qui l’entourent, il leur conseille de respecter ces pierres et de lire souvent les noms qui y sont gravés. Ce discours a produit dans l’assistance une impression profonde. Monsieur le maire**, dans une courte allocution, a remercié les donateurs et les organisateurs de cette fête.

Les chants des enfants aux Morts pour la patrie, le Chant des Girondins et enfin la Marseillaise, chantés avec ardeur et ensemble, sous la direction de Monsieur Darlon, furent goûtés.

Monsieur Vives, enfin, au nom des poilus, clôtura la série de discours. D’une voix émue, il nous fait revivre la vie des tranchées, pleine d’horreur et de danger, et montre combien nous devons honorer les grands morts pour la patrie.

Par une délicate attention, Monsieur Darlon fit déposer par un pupille de la nation une palme, pendant que le jeune Tastet récitait avec émotion une poésie de Jean Aicard.

Merci aux organisateurs de cette fête ; merci surtout à Monsieur Darlon, instituteur, qui a eu le mérite d’élaborer ce programme et d’en assurer la parfaite exécution. »

 

Le Républicain landais.

 

Le monument aux morts de Campagne (source : mémorial GenWeb).

 

       

Liste des morts inscrits sur le monument aux morts de Campagne-de-Marsan

 

Baillet Jean
Baptistan Jean
Bernède Pierre.
Borrits Armand (Pascal).

Brettes Étienne

Brettes Jean-Baptiste.
Bréthoux Alexandre.
Briole Félix

Briole Paul.
Cadillon Alfred.
Cazenave Dominique,

Cazenave Germain,

Cazenave Raymond.
Clavé Adrien

Clavé Fabien

Clavé Germain
Claverie Pierre
Clet Jean.
Dagos Jean-Baptiste.
Darrieutort François.
Dauba Jean

Daugé Jean
Dehez Jean-Baptiste.
Ducos Pierre.

Duprat Victor (demi-frère de ma grand-mère paternelle).
Flocel Fernand (demi-frère de mon grand-père paternel).
Labidalle Étienne

Labidalle Baptiste

Laboudigue Jean
Labouyrie Louis.
Lamarque Louis.
Larrat Jean.

Laurède Eugène.

Sourbets Jean-Baptiste.
Vitoux Jean.

 

Notons que Jean Gaüzère (MPF) et Joseph Espagnet (MPF) ne figurent pas sur le monument aux morts du village.

 

« Les Archives nationales conservent ainsi pour chaque commune française, la liste des soldats Morts pour la France, classée par ordre alphabétique des départements puis des localités. En principe, les personnes mentionnées sont celles qui sont nées ou résidaient dans la commune au moment de la mobilisation, mais un flou a longtemps subsisté sur cette question ; c'est ce qui explique, pour une part, les divergences entre les listes communales de Morts pour la France et les noms portés sur les monuments aux morts ».

 

L’instituteur et le maire


*Michel Darlon
6 août 1911 - Il est nommé en charge d’école à Campagne (AD40 Le Républicain landais-6 août 1911-77-Per Pl° 75/34 page 2).
Il a pris son poste à Campagne en 1912. Auparavant, il avait été instituteur à Parentis-en-Born.
Il est né à Léon (Landes), le 2/12/1882 à Duprat (AD40 Léon-Naissances-1880-1893-4 E 150/25, page 51). Marie, sa mère, âgée de 33 ans, était institutrice et son père inconnu. Il s’est marié avec Marie-Madeleine Dupin, à Sabres, le 27/08/1907. Leur fils, Jean Jacques Michel Léo, est né le 27 janvier 1913 à Campagne et est décédé le 12 février 1998 à Mont-de-Marsan. Il était également instituteur.
En décembre 1915, il avait organisé avec Mlle Fage, institutrice à Campagne, une souscription pour le Noël du soldat et du prisonnier landais. (AD40 Le Républicain landais-23 et 26 décembre 1915-102-Per Pl° 75/39, page 3). En 1916, Michel Darlon était secrétaire de mairie. En 1925, il a fondé l’Union musicale de Campagne. Il est décédé le 22/04/1975 à Mont-de-Marsan.

**Émile Claverie : élu en 1919, toujours maire en 1925.

 

 

Sources

 

  • AD40 – Le Républicain landais
  • Mémorial GenWeb 

1898 : Faits divers dans les Landes d’après Le Républicain landais. Une affaire d’honneur anachronique dans ce coin de France qui vit naître D’Artagnan… trois siècles plus tôt.

Une affaire d’honneur qui se règle gentiment sur le pré, entre un journaliste qui l'avait sûrement insulté ou diffamé et un haut fonctionnaire de la préfecture. Et un besoin irrépressible de la faire connaître au peuple, par voie de presse ; lequel peuple se battait quotidiennement en duel contre la misère… Nous sommes en 1898, et de telles pratiques n’étaient pas si rares à l’époque, émoustillées par les dreyfusards à ma gauche et les antidreyfusards à ma droite.

1898 : Les faits divers dans les Landes d’après Le Républicain landais. Œil pour œil ou quand la justice ferme les yeux.

Une rancune tenace entre deux familles de métayers : « Une haine existant depuis longtemps entre les fermiers du Grand Caloy et ceux du Petit Caloy, haine indépendante des personnes, mais existant à l'état permanent ». Une veuve y laisse un œil. La justice ferme les siens.

Faits divers dans les Landes, de 1870 à 1940, d’après Le Républicain landais : noyades volontaires dans la Midouze, l’Adour et ailleurs…

« On peut penser qu’une partie des noyades volontaires observées à travers le monde se trouvent classées par erreur dans les statistiques d’accidents. Il s’agit d’un des moyens de suicide les plus ambigus à identifier en l’absence d’indices ou de preuves externes. Sachant qu’un tiers des suicidés ne laissent pas de lettres, et que plusieurs dissimulent leur malaise et leur projet, le doute pourra rester à jamais suite à une portion des noyades. Les femmes tentent de se noyer davantage que les hommes, vraisemblablement dans l’espoir d’une certaine « douceur » et dans le but de préserver l’intégrité du corps ». 

Faits divers dans les Landes, de 1870 à 1940, d’après Le Républicain landais : noyades involontaires dans la Midouze, l’Adour et ailleurs…

Il n’était pas encore question des noyades d’estivants imprudents sur les immenses plages des Landes, emportés par les baïnes* pendant les mois d’été, mais de noyades accidentelles dans les deux principales rivières qui traversent les Landes : l’Adour et la Midouze, ainsi que dans des puits, des mares, des fossés… Certaines victimes ont été secourues par de courageux témoins, dont certains se sont jetés à l’eau, oubliant qu’ils ne savent pas nager ! Contrairement à nos jours, aucune noyade dans l’océan Atlantique n’a été rapportée à cette époque. Une époque qui n’était pas aux loisirs, mais au travail. 

Faits divers dans les Landes, de 1870 à 1940, d’après Le Républicain landais : les avortements.

Universellement pratiqué, l’avortement repose sur diverses techniques (herbes et potions abortives, utilisation d'objets tranchants, curetage, application d'une forte pression abdominale). Dans le monde, les droits reproductifs pour les femmes tendent à favoriser le droit à l'avortement (libéralisation dans une cinquantaine de 50 pays entre les années 1990 et 2020), en s'appuyant sur des études montrant que l'avortement à risque est responsable d'un décès maternel sur huit dans le monde (2011). Ce risque persiste dans les pays pauvres ou hautement religieux et conservateurs, dans lesquels l'avortement est souvent illégal. Toutefois, des pays riches sont récemment revenus sur le droit à l’avortement, comme les États-Unis (2022).

Avant la dépénalisation, c’était la mère qui subissait, souvent seule, les conséquences médicales et légales de l’avortement.
 
Dans ses pages, Le Républicain landais relate quelques comptes rendus d’audience de la cour d’assises des Landes (1870-1940) que nous reproduisons ici, afin de restituer les contextes dans lesquels sont survenus ces drames.

Faits divers dans les Landes, de 1870 à 1940, d'après Le Républicain landais : infanticides.

Transgression ultime, fruit de la misère sociale et mentale, l’infanticide est par définition l'acte de tuer un enfant, plus particulièrement un nouveau-né, dans l'usage du terme. Le plus souvent, c’est sa mère qui est l’auteure de l’infanticide, dans un contexte de solitude et de souffrances psychologiques profondes : violence conjugale, viol, inceste, veuvage, dépression post-partum, adolescence, ruralité profonde... Vis-à-vis de la loi, c’est donc la mère qui en subit, souvent seule, les conséquences.
Dans ses pages, Le Républicain landais relate quelques comptes rendus d’audience de la cour d’assises des Landes que nous reproduisons ici, afin de restituer les contextes dans lesquels sont survenus ces drames.

Le tremblement de terre du 26 novembre 1873 dans le Sud-Ouest.

Le Républicain landais rapporte que, dans la nuit du 25 au 26 novembre 1873, vers quatre heures et demie du matin, « Une forte secousse de tremblement de terre a été ressentie dans le département des Landes ». « À Mont-de-Marsan, plusieurs personnes nous assurent que cette secousse a été accompagnée d’un autre phénomène, un nuage lumineux éclairant l’ouest d’une lumière intense ».

1889 - Course landaise et outrage public (à l’insu de son plein gré) à la pudeur.

« À l'heure où la tauromachie sévit en plein et passionne jusqu'aux belles Parisiennes, on ne s'attendait pas à voir un écarteur traduit devant les juges de son pays pour s'être laissé ouvrir par un taureau le... devant de son pantalon ».

Quelques destins de bagnards landais.

Il est ici question de quelques Landais condamnés aux travaux forcés dans les bagnes coloniaux de Guyane et de Nouvelle-Calédonie. Transportés ou relégués pour des crimes et des délits de droit commun, leur nombre exact ne nous est pas connu.
Le bagne de Guyane créée officiellement en 1854 a été fermé en 1953. Celui de Nouvelle-Calédonie a été en activité de 1864 à 1924.
La condamnation au bagne était souvent synonyme de mort ou de tentatives d’évasion pour échapper à la mort lente.

Article épinglé

En 1898, les fêtes patronales de Campagne-de-Marsan (Landes) : demandez le programme.

Cette locution nominale désignait la fête religieuse d’une paroisse, en l’honneur du saint protecteur de celle-ci, soit Saint-Pantaléon  pou...

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