Faits divers dans les Landes, de 1870 à 1923, avec des fusils de chasse, d’après Le Républicain landais.

Le Landais de la campagne est chasseur et prend grand soin de son chien et de son fusil. Traditionnellement, le fusil à un ou deux canons trône fièrement suspendu, bien en vue, au-dessus de la cheminée, à la portée du premier venu. Souvent, il reste chargé, au cas où (le loup), le renard, le sanglier ou les palombes se risqueraient à portée… D’où de nombreux accidents souvent mortels, homicides et autres suicides par fusil, rapportés par le journal Le Républicain Landais, de 1870 à 1923.
 

Le râtelier à fusils, au-dessus de la cheminée (Image générée par Chat GPT – B.-A. Gaüzère, 2026).

   

Cinquante-quatre faits ont été rapportés par le journal en 50 ans, qui se décomposent de la façon suivante :
 
Blessure par accident : le fusil était resté chargé et a mal été manipulé - 19 cas.
Suicide : 14 cas.
Mort accidentelle : le fusil était resté chargé ou bien le chasseur a été confondu avec le gibier – 12 cas.
Blessure volontaire ou tentative de meurtre : 6 cas.
Homicide par imprudence : 2 cas.
 
    

Les faits

 

5 décembre 1923 - Terrible accident de chasse.

Vendredi 30 novembre, quatre amis chassaient le canard sauvage sur une barque dans l’Adour, près de Préchacq ; les chasseurs à l’arrière tiraient sur les vols, tandis que ceux de l’avant, accroupis, tiraient à fleur de l’eau.

Au moment où un chasseur de l’arrière pressait sur la détente, Jean Desperiez, âgé de 35 ans, père de trois enfants, se leva et reçut la charge dans la tête. La mort fut instantanée.

 

8 mars 1917

Ygos - Mort accidentelle. Le jeune Léon Labescat, 14 ans, était monté sur sa charrette pour aller chercher du bois. En arrivant près de la maison du sieur Gourgues Pierre, il arrêta ses bœufs pour déjeuner, laissant un fusil chargé près de lui. Soudain, une forte détonation se produisit ; l’un des canons ayant probablement heurté une branche, le coup partit, atteignant le malheureux Labescat à la poitrine, d’où le sang coulait abondamment. Gourgues se porta aussitôt au secours de l’infortuné jeune homme qui put à peine lui dire : « Je me suis tué ! ».

 

8 mai 1914

Sarbazan - Grave accident. Dimanche dernier 4 mai, dans la matinée, M. Gourgues F…., qui gardait des moutons dans la lande, avait son fusil en bandoulière, lorsque malheureusement il vint trébucher, ce qui fit déclencher le chien de son arme et un coup partit qui alla atteindre presque à bout portant M. Gustave Garrabos, qui le précédait. Ce dernier reçut toute la charge entre l’omoplate et la peau.

M. le docteur Gaube, appelé aussitôt, se rendit sur les lieux et, après un examen approfondi de la blessure, transporta le malade à l’hôpital de Mont-de-Marsan, ayant jugé une opération médicale nécessaire.

On croit néanmoins que l’accident n’entraînera aucune suite grave. C’est le vœu que font les nombreux amis de M. Garrabos fils et de son père, qui ont dans la commune de Sarbazan l’estime et la sympathie générales.

 

15 octobre 1913

Montaut – Suicide. Vendredi vers midi, une triste nouvelle se répandait dans le bourg de Montaut. Le jeune Marsan, âgé de 21 ans, venait de se tuer dans sa maison d’un coup de fusil au cœur.

Marsan, soldat de la classe 1912, ne s’étant pas présenté devant le conseil de révision, avait été déclaré bon absent. Incorporé à Bayonne le 1er octobre dernier, et, dit-on, réformé au corps.

Jeudi soir, il revenait fort gai à Montaut, chez sa mère, et vendredi il mettait fin à ses jours.

On ignore encore le mobile qui l’a poussé à se détruire.

On a télégraphié au corps pour savoir dans quelles conditions ce jeune homme a quitté sa garnison.

 

23 mars 1913

Saint-Martin-d’Oney – Suicide. Le jeune Paul Dulaurier, âgé de 18 ans, garçon meunier chez M. Lucbernet, fermier au moulin de M. le marquis de Lyon, s’est suicidé à l’aide d’un fusil, jeudi dernier, vers midi, dans le jardin attenant à l’habitation. Le canon dans la bouche, il a appuyé sur la gâchette avec le pied.

 

9 décembre 1910 – Accident.

Ygos - Un bien pénible accident est survenu lundi matin au sieur Bayle fils, âgé de 24 ans, colon à Noton, près d’Ygos.

Ayant eu l’imprudence de prendre son fusil par le bout du canon, le coup partit on ne sait comment, et toute la charge alla se loger dans sa main gauche, dans une partie de la poitrine et de la tête.

Les premiers soins lui furent prodigués un moment après l’accident par MM. le docteur Maureils et Bouneau, pharmacien.

L’état du malheureux Bayle paraissant assez grave, son transfert à l’hospice de Mont-de-Marsan a eu lieu immédiatement.

 

24 juillet 1910 – Suicide.

Carcen-Ponson - Jeudi, vers quatre heures du matin, le nommé Jean Bats, dit Manoun, colon à la Grande-Bouvette, à Carcen-Ponson, s’est suicidé, à 40 mètres environ de sa demeure, en se tirant un coup de fusil sous le menton. La mort a été instantanée. Une enquête a été ouverte le même jour par la gendarmerie de Tartas.

On attribue cet acte de désespoir à une crise neurasthénique causée par des chagrins de famille.

 

4 décembre 1908

Beylongue – Imprudence – Un enfant de 13 ans à qui l’on avait fait cadeau d’un canon de fusil chargé à poudre, a voulu essayer son arme. Ne pouvant épauler faute de crosse, il appuya le canon à terre et frappa l’amorce avec un caillou. La poudre partit par la cheminée et blessa au visage le jeune imprudent, qui fut criblé de brûlures heureusement légères.

Le jeune Lalanne, c’est le nom de l’enfant, s’était caché pour accomplir son exploit.

 

15 décembre 1907

Beylongue – Suicide.

Le nommé Jules Dourthe, âgé de 52 ans, frère du meunier locataire du moulin de Grand-Jouan, incendié dans la nuit de lundi à mardi, s’est suicidé dans l’après-midi de mercredi.

Le désespéré, employé par son frère, s’est fait sauter la cervelle à cinq cents mètres environ du moulin incendié, à l’aide d’un fusil de chasse dont il avait appuyé la crosse contre un pin.

On ignore pour le moment le motif du suicide.

 

24 mars 1907

Tartas – Suicide.

Mercredi, à la suite d’une discussion avec son gendre et sa fille, le nommé Mesmin Labat, de Bégaar, propriétaire à Carrère, s’est suicidé en se tirant un coup de fusil sous le menton. La mort a été instantanée.

 

7 septembre 1906

Souprosse - Accident de chasse.

M. Chéri Dèzes, âgé de 58 ans, retraité, domicilié à Saint-Étienne, commune de Souprosse, se trouvant à la chasse samedi matin vers 6 heures, au lieu appelé le Paringlon, venait de tirer un coup de fusil. Il rechargeait son fusil, dont un canon se trouvait encore armé et chargé, en tenant la main gauche appuyée à l’extrémité du canon. Le coup partit par inadvertance, lui emportant la main. Des soins immédiats lui ont été prodigués et il a été transporté de suite à l’hôpital.

 

2 septembre 1906

Aurice - Accident de chasse.

Dans la matinée de mardi dernier s’est produit un accident de chasse dans les circonstances suivantes :

M. Castets, un des notables de la commune, étant en action de chasse dans des bois lui appartenant, fut rencontré par deux gendarmes à cheval de la brigade de Saint-Sever, les nommés Couperi et Barrère. Ils étaient à la poursuite de chasseurs.

L’un de ces derniers, s’étant aperçu qu’on faisait la chasse à l’ortolan sur une pièce de terre voisine du lieu où M. Castets chassait, demanda à ce dernier si ce terrain était clos. Sur la réponse affirmative de M. Castets.

Cependant, soit pour s’assurer par lui-même de l’exactitude de cette déclaration, soit pour reconnaître si M. Castets n’avait pas en sa compagnie quelque chasseur qui n’aurait point de permis, après avoir parcouru environ une centaine de mètres, le gendarme Barrère rebroussa chemin et passa à travers des buissons assez élevés pour n’être point aperçu.

En ce moment, M. Castets, persuadé que les gendarmes devaient être loin, ayant fait lever des perdreaux, tira sur eux. La charge atteignit à la tête et au bras droit ce gendarme, qui se trouvait à une distance d’environ 65 mètres.

À ses cris, son camarade se rendit sur les lieux, en même temps que M. Castets. On constata que la blessure était légère (NDLR – perte de l’œil droit). Cependant, on prit une voiture pour le faire transporter à Saint-Sever.

Quelques jours de repos suffiront pour qu’il lui soit permis de reprendre le service.

 

18 mars 1906

Ygos - Les armes à feu - Mercredi, vers 11 heures du matin, le jeune René Fauthous, à peine âgé de 15 ans, eut la funeste idée de prendre le fusil de son père pour aller s’exercer à tirer à blanc dans le jardin attenant à la maison. Mal lui en prit : lorsqu’il pressa la détente, l’arme éclata et le malheureux fut atteint à la figure. La blessure, quoiqu’assez grave, ne met heureusement pas ses jours en danger.

 

5 novembre 1905

Saint-Sever - Accident de chasseurs - Le nommé Lafitte, habitant de Saint-Sever, quartier d’Augreilh, rentrait mercredi soir de la chasse avec un de ses amis. Tous deux étaient porteurs de fusils chargés et armés ; ils marchaient à côté l’un de l’autre, quand inopinément l’arme du camarade de Lafitte est partie ; les plombs ont atteint Lafitte dans la région de la cuisse. Nous espérons que la blessure de ce dernier n’aura pas de conséquences fâcheuses.

 

12 juillet 1903

Mugron - Accident mortel.

Le jeune Bats, âgé de 20 ans, colon au Cap-Blanc, chez M. de Gavardie, ayant voulu vider un fusil depuis longtemps chargé, a eu le canon éclaté dans la main gauche. Deux doigts de la main lui ont été emportés et, malgré les soins assidus du docteur Laborde, il a succombé hier des suites de sa blessure.

 

15 mars 1903

Bégaar – Suicide.

Le sieur Bats, âgé de 35 ans, propriétaire au lieu-dit à Bayonan, était devenu taciturne depuis quelques jours, parce qu’un de ses bœufs était tombé malade. Dans la matinée du 12, il se rendit dans un petit bois voisin de sa demeure, attacha une extrémité de son mouchoir à un jeune pin et l’autre bout à la gâchette d’un fusil dont le canon reposait contre sa poitrine. Il n’eut qu’à faire un léger mouvement de recul et la charge le traversa de part en part. La mort a été instantanée.

Le malheureux laisse une veuve et quatre enfants en bas âge.

 

Septembre 1902

Saint-Sever - Grave accident.

Dimanche dernier, vers huit heures du soir, un grave accident est venu troubler la quiétude des habitants du quartier de Péré, à Saint-Sever.

Voulant descendre de son râtelier un vieux fusil à piston qu’il désirait nettoyer en prévision de chasses futures, M. Louis Capbern, dit Bastiat, manœuvre, âgé de 37 ans, laissa tomber l’arme sur le sol de son appartement. Le choc fut assez violent pour provoquer la détonation du fusil, qui était chargé. Le coup partit, atteignant l’infortuné Capbern aux parties génitales et à l’aine gauche.

M. le Dr Maderay, qu’on alla quérir à la hâte, prodigua les premiers soins au blessé, dont l’état est grave, sans être désespéré.

Le 1er octobre 1902 : Le sieur Louis Capbern, de Saint-Sever, victime de l’accident que nous avons relaté dans un de nos derniers numéros, vient d’expirer à l’hôpital, où il avait été transporté.

 

7 décembre 1900 – Suicide.

Beylongue - Le 28 novembre dernier, dans la matinée, le nommé Jean Duluc, 51 ans, vigneron à Beylongue, a été trouvé mort sous un chêne, à 25 mètres de sa maison d’habitation.

Il était étendu sur le côté gauche et baignait dans son sang. Il portait sous le menton une profonde blessure, qui paraissait avoir été faite à l’aide d’une arme à feu. Or, justement, à quelques pas du cadavre se trouvait un fusil. De plus, Duluc avait le pied droit nu, ce qui fait supposer qu’il avait fait partir le coup avec son orteil.

D’un certificat délivré par le docteur Naureils, il résulterait que l’acte de Duluc aurait été déterminé par un accès d’alcoolisme.

Ce malheureux vigneron laisse une veuve et quatre enfants.

 

11 juillet 1900

Saint-Yaguen - Transport de justice.

Le parquet de Saint-Sever s’est transporté vendredi dernier à Saint-Yaguen, afin d’instruire une affaire d’assassinat qui aurait été commis dans cette commune. Cette affaire n’a pas un caractère aussi grave qu’on l’avait cru tout d’abord. Malheureusement, on a à déplorer la mort, non pas d’une jeune fille de 16 ans, mais d’une fillette de 6 ans, la jeune Marilys Castets, qui a été réellement tuée d’un coup de fusil.

Voici les faits :

Un jeune homme de treize ans, Adrien Darraillaud (ou Daraillans), habitant dans une maison voisine de celle de la victime, avait la manie du fusil. À chaque heure du jour, on le surprenait tirant sur des cibles improvisées.  C’est ainsi que, dans la journée de jeudi dernier,  il prenait son arme, qu’il ne savait pas chargée, et visait dans la direction où se trouvait sa jeune voisine. Le coup partit et cette enfant fut terrassée par les projectiles, qui l’atteignirent en plein visage.

L’imprudent tireur s’enfuit aussitôt et, au lieu d’avouer son acte, laissa l’imagination populaire bâtir un crime dont la répression nécessitait l’action de la justice.

Après un court interrogatoire, le magistrat instructeur est parvenu, au milieu de récits plus ou moins fantaisistes, à démêler la vérité et, pressant de questions le jeune Darraillaud, il en a obtenu des aveux.

Le jeune Darraillaud sera probablement poursuivi pour homicide par imprudence.

 

15 et 17 août 1900 - Tribunal correctionnel, audience du samedi 11 août 1900

Homicide par imprudence - Le jeune Adrien Darraillaud, berger à Saint-Yaguen, âgé de 13 ans, est poursuivi sous l’inculpation d’homicide par imprudence commis à l’aide d’une arme à feu, dans les circonstances que nous avons précédemment relatées, sur la personne d’une fillette qui jouait avec lui.

Après une habile plaidoirie de M. Malherbe, le tribunal condamne le jeune imprudent à 50 fr. d’amende et aux dépens. Le père Darraillaud a été déclaré civilement responsable de son fils mineur.

 

1er octobre 1899

Ygos – Accident.

Le sieur Paul Dupouy, forgeron au quartier La Chapelle, à Ygos, a eu tout dernièrement l’imprudence de laisser un fusil chargé dans son atelier. En son absence, son jeune fils Gaston, âgé de X ans environ, s’empara de cette arme, s’amusa à viser, pressa la gâchette, le coup partit et la charge alla se loger en plein bras droit de l’apprenti de M. Dupouy qui se trouvait en face,  occupé à son travail.

MM. les docteurs Cadilhon et Albert Naureils lui ont donné aussitôt les soins que comportait son état.

 

9 février 1898 

Souprosse – Accident.

Il y a deux ou trois jours, le jeune Jules Crabos, âgé de 18 ans,  domestique chez un métayer de Souprosse, a été victime de son imprudence, dans les circonstances suivantes :

Il avait déposé un fusil double et chargé dans une haie. Lorsqu'il voulut le retirer, il le prit par le bout du canon et le tira à lui. Soudain, l'un des chiens fut sans doute redressé, puis vivement rabattu par les ronces, et le coup partit, atteignant le malheureux jeune homme dans le bas-ventre et le haut des cuisses. À son appel déchirant, on accourut, M. le Dr Lataste lui prodigua avec dévouement tous les soins que nécessitait son état, puis on le transporta chez sa grand-mère, où il est en traitement.

 

22 octobre 1897

Saint-Sever - Le danger des armes à feu. Dimanche matin, le sieur Jean-Baptiste Labarthe, cordonnier, jouait avec son jeune frère qui tenait dans ses mains une canne à fusil qu'on avait oublié de désarmer. La détente ayant joué subitement, le coup partit, atteignant à la main gauche Jean-Baptiste Labarthe. La blessure reçue par ce dernier est horrible à voir, elle nécessitera de longs jours de repos.

 

13 octobre 1897

Aurice - Affaire Malet-Bergalonne.

« Pierre Bergalonne, qui, par hasard, était au lit à cette heure-là, arriva soudain sur le seuil de la porte de la cuisine, armé d'un fusil.

En apercevant Malet, Bergalonne, furieux, épaula son fusil et fit feu. Malet s'affaissa, répandant sur les carreaux de la cuisine une grande quantité de sang. Il avait été atteint dans le haut des cuisses et le bas-ventre. Grâce aux bons soins de M. le Dr Lemée, qui a fait transporter le blessé à l'hôpital de Saint-Sever, Malet s'en échappera peut-être. Bergalonne s'est lui-même constitué prisonnier dimanche soir ».

Nous sommes en mesure de pouvoir affirmer que le nommé Malet, d'Aurice, qui, le 3 octobre courant, avait reçu un coup de fusil à bout portant dans le bas-ventre et le haut des cuisses, dans les conditions que nos lecteurs connaissent, est en voie de guérison.

Bergalonne, qui avait tiré sur lui, a été mis en liberté provisoire.

 

4 juin 1897

Geloux – Suicide.

Samedi dernier, le sieur Saturnin Gaüzère, propriétaire à Geloux, s'est suicidé avec un fusil.

Pour exécuter son funeste projet, le malheureux Gaüzère a appuyé le canon du fusil contre sa poitrine et, à l'aide d'une ficelle attachée à la gâchette, il a fait partir le coup. M. le Dr Cazaubon, d'Ygos, qui fut appelé, ne put que constater la mort de Gaüzère. Ce malheureux éprouvait depuis quelque temps des souffrances physiques. C'est pour y mettre un terme qu'il s'est donné la mort.

 

27 octobre 1895 - Double incendie et suicides.

Campet-Lamolère - La population de la commune de Campet-et-Lamolère a été mise en émoi jeudi par un événement tragique.

La nuit précédente, deux granges, appartenant, l'une au docteur Émile Gobert, l'autre dépendant du château de Lamolère, ont été la proie des flammes. C'est un jeune homme de 18 ans, nommé Capdeville, domestique à la métairie du Marchand, qui avait mis le feu à ces immeubles.

Ce malheureux s'est ensuite fait justice en se tirant un coup de fusil au creux de l'estomac. La mort a été instantanée.

Dans l'après-midi de jeudi, M. Chaigne, procureur de la République, accompagné du capitaine de gendarmerie Delaveruie et du docteur Despagnet, s'est rendu à Campet. Ce magistrat n'a pu que constater les faits que nous venons de relater.

On se perd en conjectures sur les causes qui ont poussé Capdeville à incendier les deux granges.

Quant au suicide, c'est très certainement par crainte des poursuites qu'il a mis fin à ses jours.

 On nous assure, d'autre part, que Capdeville ne jouissait pas de la plénitude de ses facultés mentales.

 

5 juillet 1895 - Un coup de fusil

Onard - Une jeune fille d'Onard, canton de Montfort, la nommée Anne D..., âgée de 25 ans, était courtisée, il y a un an, par un jeune homme de la commune, le sieur Jean R.... Ces relations déplurent aux parents, qui intimèrent l'ordre à la fille de cesser, ce qu'elle fit.

Un prétendant nouveau se présenta, qui fut accueilli par la famille et la jeune fille elle-même... Jaloux, R... venait sans cesse épier les deux tourtereaux, même jusque sous les fenêtres de la demeure de la famille D...

On lui fit savoir à plusieurs reprises que, s'il ne cessait pas ses investigations, on l'en ferait repentir en lui envoyant une charge de plomb dans les jambes. Malgré ces menaces, on le surprenait encore aux écoutes.

Samedi dernier, vers onze heures du soir, R... se trouvait comme d'habitude à son poste d'observation. La demoiselle D..., qui, dans la journée, s'était fait préparer par un voisin un fusil avec une charge propre à blesser un moineau, prit l'arme et tira sur l'indiscret.

R... fut grièvement atteint au bras droit. Aux cris perçants qu'il poussa, on accourut à son secours ; la blessure parut si grave que l'on dut procéder à son transport à l'hospice de Dax, où le malheureux a été visité par le médecin légiste.

Il résulte de cet examen que le coup, tiré à courte portée, a fait pénétrer les bourres et des lambeaux de vêtements dans les chairs, et que, de ce fait, une affection purulente, consécutive de phlegmon, peut se produire.

Anne D... prétend, pour sa défense, qu'elle croyait la charge du fusil à peu près inoffensive.

Le parquet va instruire l'affaire.

 

11 novembre 1894 - Suicide

Carcen-Ponson - Le 2 novembre, vers cinq heures du matin, le nommé Bats, âgé de 35 ans, domestique à Carcen-Ponson, s'est volontairement donné la mort en se tirant un coup de fusil.

Bats, qui était très estimé dans la commune, s'était marié le 31 octobre dernier à la mairie et devait s'épouser à l'église samedi dernier. On ignore les motifs qui ont poussé ce malheureux à mettre fin à ses jours.

 

28 septembre 1894 - Toujours les armes à feu.

Saint-Perdon - Dimanche dernier, le sieur Joseph Ducam se promenait avec son frère ; il tenait à la main un fusil chargé et armé. Deux jeunes filles venant à passer, la conversation s'engagea. Croyant peu convenable de garder son fusil, Joseph Ducam voulut le déposer à terre.

Tout à coup, l'arme détonne et le malheureux enfant tombe pour ne plus se relever.

La charge, faisant balle, lui avait traversé la main droite et avait traversé profondément sous l'aisselle du même côté.

Les obsèques de cet infortuné jeune homme, victime de son imprudence, ont eu lieu mardi dernier, au milieu d'un grand concours de population.

 

Avril 1893

Nerbis - Cruelle méprise.

Samedi dernier, vers dix heures du soir, M. Lafargue, maire de Nerbis, rentrait du marché de Saint-Sever. À peine avait-il commencé à souper qu'il entendit sa chienne qui aboyait. Il prit son fusil et sortit pour aller voir ce qui se passait. Tout à coup, il aperçut quelque chose de noir qui semblait se cacher dans le fossé de la route.

Ayant crié plusieurs fois : « Qui vive ? » et ne recevant aucune réponse, M. Lafargue, croyant avoir affaire à un blaireau, fit feu sans viser. Quelle ne fut pas sa stupeur quand il entendit une voix s'écrier : « Ah ! Monsieur Lafargue, vous m'avez tué ! » Saisi d'effroi, M. Lafargue s'approcha et reconnut le nommé Tachoires, qui avait reçu la charge dans les jambes. Comme il était pris de boisson,  revenant d'une noce,  il n'avait pas voulu se faire connaître.

Aidé de quelques voisins, M. Lafargue fit transporter le pauvre Tachoires à son domicile,  où les premiers soins lui furent donnés par M. le docteur Degos, de Mugron. Les blessures de Tachoires sont graves ; cependant, aucun organe essentiel n'est atteint.

 

13 janvier 1893 - Accident

Aurice - Dimanche, à 4 heures de l'après-midi, la commune d'Aurice était mise en émoi par un accident des plus sérieux qui venait de frapper le nommé X..., colon à « Poutoïc ».

X, voulant décharger son fusil sans prendre la précaution préalable d'en mettre le chien au cran de sûreté, le coup partit subitement à la suite d'un mouvement trop brusque et toute la charge vint frapper le malheureux à la main droite.

Son fils, qui était à ses côtés pendant l'opération, reçut deux plombs sur le pavillon de l'oreille gauche, produisant une légère hémorragie.

La blessure du père est plus sérieuse. Le docteur Maderay, de Saint-Sever, espère que le blessé pourra retrouver l'usage de son membre.

 

12 août 1892 

Bégaar – Suicide.

La commune de Bégaar, canton de Tartas-Ouest, vient d'être le théâtre d'un triste événement.

Dans la journée de vendredi dernier, un jeune homme de 26 ans, Jean Dubos, cultivateur, en proie à un accès de fièvre chaude, s'est, pendant l'absence de ses parents, tiré un coup de fusil.

 Il s'est produit une hémorragie abondante et une plaie qui ne pouvait nullement mettre ses jours en danger, mais, armé d'un courage inouï, le malheureux reprit son fusil, le chargea à nouveau et réussit cette fois à mettre son fatal projet à exécution. La justice s'est transportée sur les lieux.

 

15 janvier 1892

Carcarès-Sainte-Croix – Accident.

Ces jours derniers, le sieur Garbay, de Carcarès-Sainte-Croix, nettoyait son fusil, qu'il n'avait pas eu la précaution de décharger. À un moment, le coup partit et la charge, qui fit balle, atteignit la mère de l'imprudent tout à fait en haut de la cuisse. M. le Dr Pouey, appelé en toute hâte, donna ses soins à la blessée. Aucune suite funeste n'est à redouter, mais les plombs n'ayant pu être extraits, il est à craindre que la femme Garbay se ressente pendant un temps assez long de l'accident.

 

Juillet 1891

Rion-des-Landes - Accident mortel.

Le jeune Morassin, âgé de 23 ans, a été victime, samedi matin, d'un triste accident.

Il était sorti de chez lui en riant ; quelques minutes après, on entendit une détonation ; sa famille crut qu'il avait tiré sur un oiseau de proie.

Mais, bientôt, on le trouvait étendu près d'une grange, la tête fracassée ; sans doute, en prenant son fusil déposé en quelque coin, il aura accroché la détente, et le coup l'aura frappé à bout portant.

Le maire de Rion, prévenu, s'est rendu sur les lieux et a constaté qu'il n'y avait ni meurtre ni suicide,  mais un malheureux accident. La famille Morassin est très estimée dans la commune, le jeune homme était aimé de tous.

 

Octobre 1888
Taller - Accident de chasse mortel.
Nous avons encore à enregistrer aujourd'hui un terrible accident de chasse, dû comme toujours à l'imprudence du malheureux qui en a été victime, d'avant-garde. Le nommé Robert, cantonnier communal à Taller, chassait dimanche dernier. En franchissant un baradeau, Robert, qui n'avait pas eu la précaution de désarmer son fusil, tomba. Le coup partit, et si malheureusement qu'il atteignit au flanc le malheureux cantonnier, lui faisant une horrible blessure. Transporté immédiatement chez lui, Robert n'a pas tardé à rendre son dernier soupir.
 
26 septembre 1888 - Suicide.
Rion-des-Landes - On a découvert, jeudi soir à Rion-des-Landes, un cadavre dans un bois de pins ; c'était le corps du sieur F..., propriétaire. Le fusil placé entre ses jambes, sa main gauche noircie par la poudre, son pied nu, tout semblait indiquer un suicide ; on l'avait vu quitter sa maison emportant le fusil qui devait lui donner la mort.
Circonstance bizarre, cet homme, qui était âgé de 72 ans, avait eu deux jours avant une fausse attaque ; il avait reçu les derniers sacrements et avait fait son testament. Il ne laisse pas d'héritiers directs ; il possédait une certaine fortune.
Son chapelet était posé à côté sur un petit tertre où il paraissait s'être assis. Le maire et le brigadier de gendarmerie se sont rendus sur les lieux où se trouvait déjà le premier adjoint.
 
Avril 1887.
CampagneAccident. Lundi dernier, à Campagne, un jeune homme de 18 ans, revenant de la chasse, passa devant une maison d'habitation où trois enfants s'amusaient, ayant à côté d'eux un chien. Le chasseur dit en riant aux enfants : « Je vais tuer votre chien » ! Il visa aussitôt ; le coup partit, mais au lieu du chien, un des enfants fut atteint par la charge au bras gauche et au ventre. L'état du petit blessé est très grave, mais on espère le sauver. L'auteur de cet accident est dans la désolation.
 
1er octobre 1886
Uchacq - Les sieurs Carrère et Broquaire, d’Uchacq, étaient venus chercher chez Béziat, colon à Cére, avec un chien de chasse, et ils parlaient à Béziat de lui acheter un fusil. Entrant en marché, celui-ci prit le fusil, l’arma et s’apprêtait à en faire ressortir tous les avantages, lorsqu’un des coups partit. Le malheureux avait été frappé au front. La mort a été instantanée ; Béziat était âgé de 25 ans.
 
7 décembre 1884
CaunaAccident mortel. Samedi dernier, un déplorable accident est arrivé sur la propriété du Comte, dans la commune de Cauna. Le nommé Jean Tauziet, vacher au service de M. Baccarisse, qui braconnait sans doute un brin, avait caché son fusil dans un fourré. Voulant le retirer, il prit l’arme par le canon, mais une ronce ayant sans doute relevé le chien, le coup partit et le malheureux Tauziet tomba foudroyé.
 
Octobre 1884
Doazit - Gendarmes et chasseurs.
Dimanche dernier, les gendarmes Lassalle et Cabarrou, de la brigade de Mugron, étaient en tournée dans la commune de Doazit, lorsque, se trouvant vers dix heures du matin au quartier Loste, ils entendirent dans la direction d’une échalassière la détonation d’une arme à feu.
Ils attendirent un instant, dans un chemin creux, l’arrivée des chasseurs qui paraissaient se diriger de leur côté. À quelques pas, un jeune homme, le nommé D…., causait avec une jeune fille, sur le bord de la prairie ; celui-ci, apercevant les bicornes de la maréchaussée, se leva aussitôt et se dirigea du côté des chasseurs, pour les prévenir sans doute. Les gendarmes, se doutant du coup, suivirent le nommé D…., et bientôt découvrirent dans l’échalassière les trois chasseurs qui, à leur vue, s’engagèrent sous bois de toute la vitesse de leurs jambes.
Quelques instants plus tard, les gendarmes causaient avec D…., l’admonestant de ce qu’il avait favorisé la fuite des délinquants, lorsqu’ils aperçurent de nouveau nos trois chasseurs se dissimulant du mieux qu’ils pouvaient dans une vigne appartenant au nommé Cascailh.
 
Ils se disposaient à les pourchasser de nouveau, quand un coup de fusil fut tiré par l’un d’eux. Les gendarmes Lassalle et Cabarrou, atteints par les plombs, se dirigèrent alors résolument du côté d’où était parti le coup, mais ils ne purent mettre la main que sur le nommé Cascailh, qui, s’entendant appeler, était sorti du bois et venait tout innocemment demander aux gendarmes ce qui leur était arrivé.
Interrogé par les gendarmes, Cascailh a tout d’abord nié très énergiquement que ce fût lui qui eût tiré le coup de fusil, et refusé de faire connaître les noms des deux autres chasseurs qui se trouvaient avec lui. Après avoir été conduit auprès de M. le maire de Doazit, en présence duquel il a maintenu ses dénégations, Cascailh a été néanmoins maintenu en état d’arrestation et transféré à Mugron.
Pendant le trajet, comprenant sans doute la responsabilité qui allait peser sur ses camarades, Cascailh a fini par avouer que c’était lui-même qui avait tiré ; il a ajouté qu’il avait tiré sur une grive et non sur les gendarmes qu’il n’avait pas aperçus.
Cascailh, qui a de très bons antécédents, est âgé de 32 ans et cultivateur propriétaire à Doazit.
 

28 septembre 1884

Pontonx-sur-l’Adour - Une tentative d’assassinat a été commise lundi à Pontonx sur le sieur Eyhirachar, qui a reçu un coup de fusil à la face et au côté gauche du corps. Toutefois, les blessures qu’il a reçues ne mettent pas sa vie en danger.

L’auteur de cette tentative criminelle est resté jusqu’à présent inconnu.

 

6 août 1884 - Tentative de meurtre

Artassenx - Vendredi dernier, vers 6 heures et demie du soir, une tentative de meurtre a été commise aux environs d’Artassenx, à la suite d’une querelle survenue entre les sieurs Cadilhon, propriétaire en cette commune, et Faget Justin, propriétaire à Laglorieuse, neveu du précédent.

Faget a reçu un coup de fusil à la cuisse gauche. Un transport de justice a eu lieu ; l’auteur de cette tentative, qui a pris la fuite, est activement recherché.

 

Septembre 1883.

Saint-Martin-d’Oney.

Un transport de justice a eu lieu à Saint-Martin-d’Oney. Faisaient partie de ce transport MM. Biseuil, substitut, et Lacaze, juge d’instruction, M. le Dr Darasse et M. Labadie, commis-greffier.

Voici les faits en peu de mots :

Une femme de mœurs légères, séparée de son mari, avait donné l’hospitalité pour la nuit à un jeune homme. Bientôt, une bande de trois ou quatre jeunes gens vint frapper à la porte de la susdite femme. Celle-ci refusa d’ouvrir, et la bande se mit alors à faire un bruit infernal. Ennuyé du tapage que faisaient ces gêneurs, le jeune homme qui se trouvait dans la maison se saisit d’un fusil et tira par-dessous la porte sur les tapageurs. L’un d’eux a été blessé au pied.

 

Décembre 1879

Biscarrosse - Gendarme blessé par un chasseur.

Mercredi dernier, à Biscarrosse, deux gendarmes de la brigade de Parentis, en tournée, aperçurent sur le bord de l’étang un individu chassant ; ils se séparèrent pour le cerner, mais, au moment où l’un d’eux, le gendarme Deblin, allait l’atteindre, il reçut sur le pied gauche un coup de feu qui le blessa gravement, sans avoir pu voir d’ailleurs comment le coup était parti. Le braconnier alors s’échappa en laissant son arme sur le terrain.

Le lendemain, il fut arrêté et interrogé ; il répondit qu’à la vue du gendarme il avait pris la fuite en laissant tomber son arme, et que, dans la chute, le coup était parti. L’instruction n’a pu encore élucider le fait, mais la version du braconnier est au moins vraisemblable.

 

1er novembre 1876

Saint-Sever - Encore un coup de feu qui a failli entraîner mort d’homme. Deux jeunes gens cheminaient ensemble mardi soir dans le quartier d’Escalés, l’un d’eux portant en bandoulière un vieux fusil. Soudain, le canon, assujetti sans doute par quelque vis depuis longtemps usée, se détache, tombe, et en tombant fait partir la charge qui vient atteindre le compagnon de route du porteur de l’arme. La cuisse a été traversée au-dessus du genou, de part en part et de bas en haut, suivant une ligne oblique. Heureusement ni veine, ni artère, ni os n’ont été touchés, quelques muscles seulement ont été assez fortement lésés ; les chairs sont meurtries, la plaie est large, mais le membre sera conservé.

 

13 octobre 1876 - Accident de chasse.

Montfort - M. Guillaume, médecin à Montfort, chassait samedi matin au bois d’Arthous. Au moment où il allait faire feu sur une palombe, son fusil Lefaucheux éclata. Sa main gauche fut affreusement mutilée et plusieurs artères gravement atteintes. Le Dr Lestage, appelé en toute hâte, a procédé à un premier pansement. Le Dr Camille Raillard, mandé par dépêche, s’est empressé de lui apporter son concours. L’état du blessé est aussi satisfaisant que possible ; il est à espérer qu’il en sera quitte pour la perte d’un doigt.

 

Le même jour, M. Lemoine de Forges, garde-général des forêts à Montfort, a failli, lui aussi, être victime d’un accident de même nature. Son fusil, dont la charge était probablement trop forte, l’a repoussé d’une manière si violente qu’il a occasionné à M. de Forges une forte contusion à la tête.

 

4 octobre 1876

Arue - Accident de chasse. Un terrible accident a eu lieu samedi dernier, 30 septembre, à Arue, canton de Roquefort. Un enfant de 12 ans, jouant avec un fusil chargé qu’on avait eu l’imprudence de laisser au coin d’une armoire, a fait partir le coup et frappé en pleine poitrine un petit enfant âgé de 3 ans, son cousin germain. La mort a été instantanée. La charge a traversé le cœur et les deux poumons.

 

25 octobre 1876

Saint-Sever - Accident de chasse. Samedi dernier, pendant le marché, M. Ressein, avoué, avait laissé seul dans sa chasse aux palombes son chasseur ordinaire, un tout jeune homme de 18 ans environ.

Dans l’après-midi, on lui rapporta ce malheureux, qui s’était fait dans le flanc une horrible blessure.

Ayant posé des palombes qui ne voulaient pas se laisser jouer et descendre sur le sol, il avait imprudemment attiré son fusil en le prenant par le canon. C’est alors que le coup était parti.

Bien qu’horriblement blessé, le pauvre jeune homme eut l’énergie de s’apposer lui-même un premier bandage, de remettre tout en ordre et de gagner péniblement la route nationale, distante d’environ quinze cents mètres.

C’est là qu’il fut recueilli par M. Faget, vétérinaire à Mont-de-Marsan, qui le mit dans sa voiture et le transporta chez M. Ressein, où, malgré les soins les plus assidus et les plus constants, il a expiré mercredi matin.

 

Même affaire, article du Journal des Landes du 25 octobre 1876

Cette année, la chasse a son martyrologe : Saint-Sever vient de lui apporter son fatal tribut. Un charmant jeune homme de 17 ans, le nommé Bréthes Jean, gardait seul, samedi dernier, vers midi, une chasse aux palombes située dans la commune de Bas-Mauco, non loin de la route de Mont-de-Marsan. Il était placé sur son observatoire lorsqu’apercevant une palombe qui voltigeait sous-bois, il saisit vivement par le canon un fusil posé à sa gauche. Au moment où il élève l’arme, le chien accroche, s’ouvre, s’abat, le coup part, laboure un peu le gras du bras, s’engage sur le côté gauche, glisse le long des côtes et vient s’arrêter contre les muscles, près de l’omoplate. Le malheureux garçon, quoique perdant beaucoup de sang, met tout en ordre dans la cabane, arrange sous clefs les appeaux et quelques ustensiles, puis, avec une énergie qui lui permet de dominer son affreuse position, il gagne à pied la grand’ route, où il arrive, baigné dans son sang. Un passant (M. Faget, vétérinaire à Mont-de-Marsan) le fait monter dans sa voiture et l’emporte à Saint-Sever, où il est aussitôt entouré des soins les plus intelligents et les plus assidus. Les médecins constatent l’impossibilité de sonder et de reconnaître immédiatement tous les ravages faits par le coup de feu.

Après trois jours et demi passés par des alternatives d’inquiétudes et d’espérances, au milieu d’espérances très vives, la victime a éprouvé des vomissements de sang qui, en quelques heures, ont amené la mort, mercredi matin à six heures.

La bourre et des morceaux de chemise étaient engagés dans la plaie. Si la plus grande partie des plombs avaient glissé le long des côtes, trois ou quatre étaient passés entre et étaient venus se loger dans le poumon gauche. C’est la plaie de cet organe qui, au moment de la suppuration, a provoqué les vomissements et déterminé par suite la mort. Que l’on juge la désolation de la famille !

 

17 octobre 1874

Rion-des-Landes - Le 17 de ce mois, vers sept heures du soir, le sieur Jean Lavigne, âgé de 83 ans, colon, domicilié à Rion, s’est volontairement donné la mort à l’aide du fusil de son fils. Ce vieillard, souffrant depuis quelques années, avait l’idée fixe du suicide. C’est donc après avoir éloigné sa petite-fille qu’il s’est saisi de l’arme en question et, à l’aide de son pied droit, il a accompli son funeste destin.

 

1874

Saint-MartinAccident. Dans les premiers jours du courant, le nommé Labadie Pierre, âgé de 40 ans, prit son fusil pour aller tirer des pies qui dévastaient un de ses champs semé de maïs. Ne voyant pas arriver les pies, il cacha son arme dans une haie. Lorsqu’il la retira de cet endroit, il la saisit par le bout du canon ; en la tirant à lui, le chien a sans doute rencontré quelque obstacle, le fusil est parti et toute la charge a été portée sous le bras droit et est restée dans le corps, malgré les soins qu’est venu lui prodiguer M. Gomes, docteur à Saint-Martin, appelé en toute hâte. L’infortuné Labadie est mort après 6 heures de souffrance ; ce malheureux laisse une veuve et 8 enfants.

 

28 novembre 1873

Saint-Sever - Un horrible accident vient d'arriver à Léon. Dimanche dernier, le nommé Darmaillac Pierre, âgé de 27 ans, était occupé à ramasser des glands, lorsque le nommé Cazalis, l'apercevant courbé dans les fougères, le prit pour un renard qu'il guettait depuis quelque temps et déchargea son fusil sur lui. Darmaillac, atteint dans le dos de 80 plombs environ, poussa un cri déchirant. Cazalis accourut et, reconnaissant Darmaillac qui était un de ses meilleurs amis, il tomba évanoui. Revenu à lui, il transporta le blessé dans son propre domicile, où sa sœur et sa mère lui donnèrent les soins les plus empressés. Pendant quelques jours, la vie de Darmaillac a été en danger, mais aujourd'hui, il va beaucoup mieux.

 

Novembre 1873

Bégaar - Blessures par une arme à feu.

Il y a quelques jours, le nommé Cazalis Sylvain était allé garder son bétail au pacage ; il avait emporté son fusil et l'avait déposé auprès d'une haie. Lorsqu'il voulut partir, il prit cette arme par le canon, mais une branche fit abattre le chien et le malheureux Cazalis reçut toute la charge dans la cuisse. La blessure est grave.

 

14 juillet 1872 – Accident.

Le 9 courant, on a trouvé mort, près de la haie d'un champ qui se trouve dans la commune d'Audon, arrondissement de Saint-Sever, le nommé Pancau Armand, huilier, âgé de 47 ans. Il portait une forte plaie dans la région du cou et les marques de quelques plombs près de l'oreille gauche. Aucune trace de violence ne se faisait remarquer autour du cadavre.

Le nommé Pancau était parti à la chasse avec un fusil à deux coups ; il était au guet des lapins. On suppose qu'un chasseur, ayant vu sa tête, aura tiré sur lui en le prenant pour un lapin.

 

1871

Le 14 courant, la nommée Larquey, épouse de Jean Pebayle, âgée de 28 ans, s'est suicidée à l'aide d'un fusil dont elle aurait dirigé le canon sous son menton.

Elle avait été accusée à tort, dit-on, par sa famille de manquer à ses devoirs conjugaux. Le caractère emporté de cette femme, surexcité par ces soupçons injustes, l'a, dit-on, portée à l'acte de désespoir qu'elle a commis.

 

4 août 1871

Tartas - Un homicide par imprudence a été commis dans des circonstances dramatiques à Tartas (Landes), le 14 juillet.

Le nommé Morlaes, vieillard de 65 ans, ayant un chien qui venait de mordre quelqu'un, pria deux jeunes gens de vouloir bien le tuer. L'un d'eux tire, mais il manque le chien ; l’autre va chercher son fusil et attend. Tout à coup, il voit le chien dans la fougère sous un châtaignier ; il tire, sans s'apercevoir que Morlaes Dominique était couché à côté du chien. Ce malheureux reçoit toute la charge dans le bas-ventre ; il se retire pour expirer quelques heures après. Le meurtrier involontaire s'est évanoui aussitôt qu'il eut reconnu quelle fatale erreur il avait commise.

 

Les accidents de chasse en France, de nos jours.

L’Office français de la biodiversité a publié les chiffres officiels des accidents et incidents survenus pendant la saison de chasse. Au total, 100 accidents corporels ont été recensés sur l’ensemble de la saison 2024-2025. Parmi ces accidents, 11 ont été mortels, contre 6 lors des deux dernières saisons.
Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis la saison 2019-2020. Tous les décès concernaient des chasseurs, et 5 d’entre eux sont des auto-accidents liés à une mauvaise manipulation de l’arme.

 

 

Un grand merci à Denis Fery qui a patiemment compilé tous les faits divers des journaux des Landes et me les a gracieusement communiqués.

 

 

Sources

 

AD40 : Le Républicain Landais.

 

L’Office français de la biodiversité : https://chasseseternelles.com/bilan-2024-2025/

 

 

 

 
 
 

 

 

 

 

 

 

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