Faits divers dans les Landes, de 1870 à 1930, relatés par Le Républicain landais : les suicides par pendaisons.

  
La solitude, le désespoir, la maladie, un bout de corde ou une ceinture, une branche d’arbre ou une poutre dans la grange ou le parc à bestiaux… Une bien triste litanie universelle et intemporelle.

 

Le Désespoir (1305-1306), œuvre du peintre italien Giotto di Bondone (Source : Wikipédia).

 

Le suicide par pendaison est pratiqué là où les moyens pour se donner la mort sont relativement limités.

 
La constance de l'effet létal sur le cerveau en fait une des méthodes de suicide ayant un fort taux de réussite : dans l'article « The epidemiology and prevention of suicide by hanging: a systematic review » de la revue médicale canadienne, le chercheur David Gunnell estime ce taux de réussite à au moins 70 %. 
 

Dans cette série, relevée dans La Républicain Landais, entre 1870 et 1930, Il est fait état de 64 cas, soit un cas par an.

 

  • Cinquante-trois cas ont concerné des hommes, le plus souvent d’âge mûr, voire avancé. Le plus jeune était âgé de 13 ans et le plus âgé de 90 ans.
  • Dix cas ont concerné des femmes, le plus souvent d’âge mûr.
  • Le sexe de la personne suicidée n’a pas été précisé dans un cas.
  • Deux décès ont pu être évités par l’intervention rapide de la famille qui a décroché le pendu.
  • Deux suicides par pendaison sont survenus en prison.
  • La raison supposée du décès est avancée dans plus de la moitié des cas.

 

Les faits

 

23 novembre 1929

Benquet - De tristes évènements se sont produits ces jours derniers dans notre commune. M. Jean Dupuy, âgé de 79 ans, a été trouvé pendu au barreau supérieur d’une échelle.

 

11 juin 1927

Lesgor - Une dame de 38 ans, souffrant de troubles mentaux, se pend dans une grange sous les yeux terrifiés de son jeune enfant.

 

5 décembre 1925 – Saint-Martin-d’Oney – Suicide.

Le sieur Cazaux Dominique, âgé de 75 ans, ouvrier carrier, au lieu-dit Soulet, souffrant depuis quelques jours, a mis fin à ses jours en se pendant à une poutre de la grange.

 

30 août 1922 - Le crime de Saint-Yaguen - Suicide de l’inculpé.

Le mois dernier, Mme veuve Darrieutort, à Saint-Yaguen, avait été trouvée pendue dans un bois avoisinant sa demeure, et les résultats de l’enquête avaient amené à l’arrestation du sieur Ducamp, métayer de la victime.

Mercredi matin, Ducamp, qui avait été incarcéré à la prison de Saint-Sever, après avoir vaqué aux occupations habituelles des détenus, et trompant la surveillance pourtant rigoureuse du personnel pénitentiaire, s’est pendu dans sa cellule.

M. le Dr Lévrier, appelé en toute hâte, n’a pu que constater son décès.

 

28 mai 1921

Campet-Lamolère – Suicide. Dimanche matin, le nommé Louis Deloube, âgé de 33 ans, s’est pendu dans la grange de la métairie qu’il occupait avec sa famille, à Campet-Lamolère. Le malheureux était atteint d’une maladie nerveuse qui l’avait fait réformer et qui est vraisemblablement la cause de son suicide.

 

25 août 1918

Bretagne-de-Marsan – Suicide. Le nommé Antoine Henri Brèthes, 46 ans, demeurant à la ferme de « Larrouy », a mis fin à ses jours en se pendant à un vergne. Brèthes était un homme laborieux, qui fut réformé pour cause de maladie. Son suicide est attribué à de cruelles souffrances.

 

10 mai 1917

Rion des Landes - Suicide à la maison d’arrêt. Samedi 5 dernier, vers 11 h du matin, le nommé Gaston Simon, propriétaire à Rion, âgé de 56 ans, incarcéré depuis la veille à la chambre de sûreté de la caserne de gendarmerie, a mis fin à ses jours en se pendant au barreau de la lucarne à l’aide de son gilet de travail. Il allait être dirigé dans la journée sur la maison d’arrêt de Saint-Sever.

L’enquête, habilement menée, aurait établi qu’il était mêlé à une affaire de mœurs découverte tout récemment et qui a vivement indigné notre population.

 

15 mars 1914
Tartas – Suicide. Mercredi dans l’après-midi, le nommé Cazaux, âgé de 60 ans, colon à la maîtrise de Cazaubielle, commune de Saint-Yaguen, a été trouvé pendu à une poutre de la grange. D’une enquête faite par la gendarmerie de Tartas, il résulte que le malheureux était neurasthénique et que c’est dans une crise qu’il a mis fin à ses jours.
 
24 janvier 1913
Campagne – Suicide - Un vieillard de 71 ans habitant Campagne, M. Caubet, à qui une maladie incurable avait rendu la vie insupportable, a mis fin à ses jours en se pendant à une échelle dans une chambre de sa maison. Pour pouvoir accomplir son funeste projet, Caubet avait envoyé sa femme aux champs. Quand elle rentra, elle ne retrouva qu’un cadavre.
 
30 octobre 1912
Saint-Sever – Suicide - Dimanche dernier, le sieur Etienne Capbern, colon au lieu-dit Marmounet, quartier d’Escalès, sortit dans la matinée pour sortir le bétail au pacage. Dans l’après-midi, vers deux heures, sa famille, ne l’ayant pas revu, se mit à sa recherche. Sa fille l’aperçut la première, derrière une haie, pendu au moyen d’un licol à la jambe d’un néflier.
Effrayée, la jeune fille s’éloigna et courut avertir les siens. Avisée, la gendarmerie ne tarda pas à arriver sur les lieux. Personne n’avait osé couper la corde, en vertu de cette erreur populaire, encore trop répandue, et qui consiste à croire que l’autorité seule a le droit de toucher à un pendu.
Capbern, dont les facultés mentales étaient bien amoindries depuis une assez récente attaque de paralysie, et par moments désespéré de se sentir inutile, a mis fin à ses jours.
 
12 avril 1912
Ygos – Suicide - Vendredi matin, le sieur Lacrouts père, colon au Baqué, à Ygos, âgé de 69 ans, jouissant de l’estime générale de notre population, a été trouvé par sa famille pendu dans sa chambre à coucher. On se perd en conjectures sur cette détermination.
 
2 juillet 1911 – Suicide.
Arjuzanx - Le nommé Jean Larrède, âgé de 72 ans, vigneron à Arjuzanx, s’est pendu jeudi soir dans son domicile. L’infortuné vieillard, atteint d’une maladie incurable, avait manifesté à plusieurs reprises l’intention de mettre un terme aux souffrances qu’il endurait.
 
8 janvier 1911 – Suicide.
Ygos - Mardi soir, le nommé Labeyrie, de Luglon, a été trouvé pendu à une poutre dans un parc à brebis appartenant à la métairie d’Amigon, à Ygos, située sur la limite d’Ygos et de Garein.
Le malheureux vivait de mendicité ; il était célibataire et âgé de 68 ans environ. Après les formalités d’usage, ses obsèques ont eu lieu mercredi soir.
 
10 octobre 1909 – Suicides.
Cauna - Le sieur Jean Brèthes, 39 ans, colon à la propriété dite Balthazar, a été trouvé pendu jeudi soir dans sa grange. Déjà le 24 septembre, il essayait de mettre son funeste projet à exécution.
Tartas - Hier matin, le nommé Morlaes Jean, 40 ans, métayer aux Bareyts, dest suicidé par strangulation. Les motifs se cet acte de désespoir sont inconnus.
 
15 avril 1906
Ygos – Suicide.
La nommée Jeanne Lucbernet, âgée de 63 ans, cultivatrice à Ygos, au lieu-dit Touron, a mis fin à ses jours en se pendant à une solive d’une chambre servant de débarras, à l’aide d’une corde passée autour du cou par un nœud coulant.
La désespérée n’avait jamais manifesté l’intention d’en finir avec la vie, mais on avait remarqué depuis quelques temps des troubles dans son état mental.
 
26 janvier 1906
Saint-Martin-d’Oney- Pendu.
Mardi, vers la pointe du jour, le sieur Martien, domicilié au lieu-dit Petit Pierrot, s’est donné volontairement la mort en se pendant à une poutre de sa grange. On ignore les motifs qui ont pu pousser Martien à sa funeste détermination.
 
6 janvier 1904
Aureilhan – Suicide.
Jeudi dernier, le nommé Simon Bonnan, âgé de 65 ans, colon à Aureilhan, a été trouvé pendu dans une grange. Le malheureux, pour accomplir son acte, avait passé une corde autour de son cou et l’autre extrémité était attachée à une poutre de la grange.
Depuis longtemps, le désespéré était atteint de paralysie et souffrait beaucoup. Il faut attribuer ce suicide aux souffrances intolérables que provoquait chez lui cette paralysie.
 
16 mars 1902
Benquet – Suicide - Ces jours derniers, la nommée Catherine Labayle, journalière à Benquet, âgée d’environ 60 ans, a tenté de se suicider avec une arme à feu. Elle n’y réussit pas.
Vendredi, profitant de ce qu’elle était seule, elle se pendit. Lorsque les siens arrivèrent, elle avait cessé de vivre. Cette désespérée était atteinte de paralysie, c’est le chagrin qui l’a poussée à en finir avec la vie.
 
21 février 1902
Ygos – Suicide.
Le sieur Lafourcade, berger à Bourill, à Ygos, âgé de 39 ans et père de 3 enfants, a été trouvé pendu, mercredi matin, vers les huit heures et demie, par le métayer de Cabannes, son voisin. Le malheureux a mis fin à ses jours en passant une corde à un petit chêne voisin de sa métairie. Il laisse une femme et trois orphelins. On ignore les causes du suicide.
 

Avril 1901

Pontonx-sur-l’Adour – Suicide.

Le quartier d’Ossens, à Pontonx-sur-l’Adour, a été mis en émoi, lundi soir, par le suicide par strangulation du nommé Larrieu, charpentier-charron âgé de 49 ans.

Larrieu perdit il y a deux mois environ sa femme, jeune encore, qui lui laissa cinq enfants en bas âge. Cette mort lui causa un vif chagrin, et bien qu’il ne le laissât pas paraître, il se trouva depuis lors sous l’obsession d’une idée fixe : le suicide.

Sur ces conseils qui lui furent donnés, il plaça comme domestique deux de ses enfants et en garda un auprès de lui. Les autres deux fillettes âgées de six et trois ans, furent mises en pension chez les Sœurs de charité à Pontonx.

Ce sont ces fillettes, accompagnées de deux sœurs, qui, allant le voir à l’occasion des fêtes de Pâques, l’ont trouvé sous un hangar pendu à une poutre. Cette rencontre a été poignante.

 

22 mars 1901

Nerbis – Double tentative de suicide.

Dimanche dernier,  à la suite d’une violente discussion avec son mari, la dame Baillet, âgée de 24 ans, de Nerbis, a tenté de mettre fin à ses jours en se jetant dans une mare d’où des voisins accourus purent la retirer.

Laissée ensuite quelques instants seule dans sa chambre, elle s’est pendue à une poutre. Ne la voyant pas reparaître, quelques personnes pénétrèrent dans la chambre. La dame Baillet ne donnait plus signe de vie. On coupa vite la corde, et grâce à des soins intelligents, on empêcha, pour la seconde fois,  l’asphyxie d’accomplir son œuvre.

 

18 janvier 1901

Haut-Mauco – Suicide.

Lundi soir, le nommé Lapeyre Germain, 39 ans, métayer au Rey, s’est pendu dans son parc à bétail.

C’est là qu’il a été trouvé par le sieur Biensans et des voisins qui s’empressèrent de couper la corde, mais Lapeyre avait cessé de vivre. Il résulte des renseignements recueillis que Lapeyre ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales.

 

26 juillet 1899

Ygos - Le sieur Henri Labarsouque, tuilier au quartier de la Chapelle, s’est étranglé samedi dans la nuit. Il avait passé l’après-midi au bourg d’Ygos. De retour chez lui vers onze heures du soir, il alla embrasser sa femme dans son lit et disparut. Ne le voyant pas revenir, elle courut réveiller les voisins. On le trouva, quelques instants après, pendu à une poutre de la halle où sèchent les tuiles.

 

27 juillet 1898

Campagne – Suicide.

Jeudi dernier, dans l'après-midi, le sieur Baptiste Marque, cultivateur à la métairie de Cibé, commune de Campagne, profitant de l'absence des membres de sa famille qui étaient aux champs,  mit fin à ses jours en se pendant dans la chambre à coucher.

La femme de ce malheureux, entrée la première dans la chambre, en sortit aussitôt, effrayée et en poussant des cris. Le sieur Baillet, un voisin qui était accouru, coupa la ceinture dont s'était servi le malheureux Marque pour accomplir son acte de désespoir. Mais il était trop tard, Marque avait cessé de vivre.

Le malheureux suicidé était atteint de la pellagre.

 

24 avril 1898 - Suicide par strangulation.

Ygos - La gendarmerie d'Ygos s'est transportée, mercredi dernier, au domicile du sieur Antoine Lamarque, colon à Oiède-Geloux. Ce dernier venait de se suicider par strangulation. Étant malade depuis longtemps et plutôt que d'endurer de cruelles souffrances, ce malheureux a préféré en finir avec la vie. Lamarque était âgé de 66 ans.

 

16 juin 1897

Saint-Martin-d'Oney.

Le sieur Étienne Catuhe, cultivateur, a été trouvé pendu à une poutre de son fournil, situé non loin de la maison d'habitation. Les constatations médico-légales ont été faites par M. le Dr Pailhes, en présence du maire de la commune. On croit que c'est la misère et la maladie qui ont poussé ce malheureux au suicide. Catuhe était âgé de 71 ans.

 

28 mai 1897

Meilhan – Suicide.

Le nommé Léon Martin, âgé de 66 ans, propriétaire à Meilhan, s'est pendu le 21 mai courant, à cinq heures du soir, au moyen d'une corde attachée à une solive de l'étable. Il aurait pris cette funeste résolution pour se délivrer de l'obsession d'une maladie douloureuse, la pellagre.

 

10 février 1897

Saint-Martin-d'Oney – Suicide.

Jeudi matin, le nommé Jean Lacrouts, âgé de 38 ans, quittait son domicile pour donner les soins habituels à ses mules. Son absence se prolongeant outre mesure, sa femme se mit à sa recherche. Quelle ne fut pas sa douloureuse surprise quand elle le trouva pendu à une poutre de la grange, située à 25 mètres de la maison d'habitation.

Pour mettre à exécution son funeste projet, Lacrouts avait appuyé une échelle contre la poutre et, après avoir franchi quelques échelons, s'était jeté dans le vide.

Les motifs de son suicide sont dus à une albuminurie éclamptique dont le défunt souffrait depuis longtemps. Il laisse une veuve et deux enfants. Les constatations médico-légales ont été faites par M. le Docteur Cadilhon, d'Ygos.

 

8 et 10 avril 1896

Pontonx-sur-l'Adour – Suicide.

Le nommé Pierre Bats, âgé de 58 ans, métayer à Pontonx-sur-l'Adour, a été trouvé pendu à une poutre de sa maison d'habitation ; on suppose que le malheureux se sera suicidé au cours d'un accès de fièvre chaude, car il ne jouissait plus depuis longtemps de ses facultés mentales.

 

1er décembre 1895 – Suicide.

Saint-Sever - Hier vendredi 29 novembre, vers 6 heures du matin, M. Baptiste L..., âgé de 50 ans environ, tonnelier à Saint-Sever, a été trouvé chez lui pendu à une échelle. L... ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales.

 

Juillet 1895

Rion-des-Landes – Tentative de suicide.  

Jeudi matin, à Rion, une femme nommée Anne Dupont s'est pendue dans ses appartements. Un de ses voisins, le sieur Ducasse, potier, ayant entendu un bruit insolite, s'est empressé d'accourir et de couper la corde. Après quelques soins, cette pauvre femme est revenue à la vie. Il paraît qu'elle a plusieurs fois attenté à ses jours.

 

5 décembre 1894 

Geloux – Suicide. Le sieur Larrouy, maître charpentier, bien connu dans la région où il avait de nombreux chantiers, a mis fin à ses jours dans la journée de jeudi en se pendant dans une dépendance de son habitation.

 

5 octobre 1894

Tartas – Suicide. Lundi matin, on trouvait encore chaud le cadavre du sieur Saucède, rentier à Tartas, pendu au plafond d'un appartement de son immeuble. On se perd en conjectures sur les motifs de ce suicide, car M. Saucède était riche et jouissait d'une parfaite santé.

 

20 avril 1894 – Suicide.

Laluque - Le 12 avril courant, le sieur Gadou, propriétaire, âgé de 72 ans, a mis fin à ses jours en se pendant à une poutre de son parc à brebis.

On attribue ce suicide aux souffrances que lui faisait endurer un cancer à la figure dont il était atteint depuis 20 ans.

 

Juin 1893

Saint-Martin-d'Oney – Suicide.

Le 31 mai, vers deux heures de l'après-midi, Mme Doussang se rendait dans les champs pour travailler, laissant son mari couché.

Quand elle revint, vers trois heures, elle le trouva pendu à une poutre du hangar. Elle appela immédiatement du secours, mais tous les efforts pour le rappeler à la vie furent inutiles.

Doussang s'adonnait à la boisson et avait manifesté l'intention de se suicider. Il était âgé de 62 ans.

 

Mai 1893

Vicq – Suicide.

Le nommé Cazenave, métayer, âgé de 60 ans, dont les facultés mentales étaient fortement affaiblies depuis quelque temps, avait, à plusieurs reprises, manifesté l'intention de se suicider.

Samedi dernier, vers neuf heures du matin, à la suite d'observations que lui auraient faites ses enfants, Cazenave s'était recouché. Ayant appris cela, M. Pussacq, maire de la commune, se rendit à son domicile voir ce qui se passait. Aux questions qui lui furent posées, Cazenave répondit qu'il venait de s'empoisonner en absorbant des bouts d'allumettes qu'il avait mêlés à sa soupe, et qu'il souffrait horriblement.

M. Pussacq revint chez lui pour lui préparer un contrepoison ; mais à peine était-il arrivé qu'on vint le prévenir que Cazenave venait de se pendre à une poutre du plancher de sa chambre. On s'empressa de couper la ceinture à l'aide de laquelle il s'était pendu, mais tous les soins pour le rappeler à la vie furent inutiles, Cazenave avait cessé de vivre.

   

Avril 1893

Aurice – Suicide.

Jean G..., colon à Aurice, métairie du « Petit Tithors », s'est pendu mardi, à 4 heures de l'après-midi, au timon de son char à bœufs. Ce malheureux rhumatisant et pellagreux ne jouissait plus, depuis plusieurs mois, de la plénitude de ses facultés mentales.

 

7 décembre 1892

Laurède – Suicide.

Jeudi dernier, le nommé Laborde, âgé de 46 ans, métayer à Laurède, a mis fin à ses jours en se pendant à une poutre de sa grange. Aux cris poussés par la petite Laborde, des voisins ont vivement détaché le pendu, mais tous leurs efforts ont été vains, car le malheureux Laborde a expiré peu d'instants après sans avoir repris connaissance.

Les constatations médico-légales ont été faites par le Dr Degos de Mugron, qui a conclu à un suicide.

 

27 novembre 1892

Souprosse – Suicide.

Mardi dernier, le nommé André Garbay, âgé de 46 ans, métayer, demeurant à Souprosse, s'est suicidé en se pendant dans le cellier, avec une ceinture rouge qu'il avait accrochée à une solive. Le corps paraissait presque assis, les jambes étaient allongées, le buste en arrière.

Ce n'est pas la première fois que Garbay a cherché à se détruire, car il avait déjà essayé de s'étrangler sur son lit avec une ceinture qu'il avait passée autour de son cou. Sa femme arriva à temps pour l'en empêcher.

Garbay s'enivrait beaucoup et on croit que la surexcitation occasionnée par l'excès des boissons l'a déterminé à se donner la mort. Les constatations légales ont été faites par le Dr Lataste, qui a conclu à un suicide.

 

26 octobre 1892 – Suicide.

Aurice – X..., colon à « Lauzer », Aurice, s'est pendu dimanche 23, à 10 heures du matin, dans la grange attenante à sa maison d'habitation. X... souffrait depuis quelques jours de douleurs cérébrales qui, par leur acuité, l'ont poussé au suicide.

 

4 mai 1892 

Carcarès-Sainte-Croix – Suicide.

Dans la nuit du 26 avril, le nommé Bernard Bats, cultivateur à Carcarès-Sainte-Croix, s'est volontairement donné la mort en se pendant à une poutre de sa maison d'habitation. Le sieur Bats, âgé de 59 ans, souffrait depuis longtemps d'une cruelle maladie qui, croit-on, l'a déterminé à mettre fin à ses jours.

 

11 mars 1892 – Suicide.

Montaut - Dimanche soir, on apprenait à Saint-Sever qu'une femme de la commune de Montaut avait été trouvée pendue dans son domicile. Le parquet de Saint-Sever, en même temps avisé, se transportait sur les lieux, assisté du médecin-légiste. Des constatations auxquelles se sont livrés les magistrats, il résulte que la nommée C..., âgée de 58 ans, s'est donné volontairement la mort. On ignore les motifs qui ont pu pousser cette malheureuse femme à se suicider.

 

18 février 1891

Rion-des-Landes – Mercredi dernier, Jean Lafitte, âgé de 31 ans, journalier à Rion, a tenté de se suicider en se pendant à une poutre de sa chambre à coucher. Sa sœur et une voisine sont arrivées à temps pour couper la corde et le sauver d'une mort certaine. Lafitte a été poussé, dit-il, à cet acte de désespoir, par des chagrins de famille.

 

9 janvier 1891 – Suicide.

Arengosse - Un vieillard âgé de 72 ans, le nommé Dominique Dumas, chiffonnier à Arengosse, s'est suicidé par pendaison. On a trouvé sur lui une somme de 139 francs. Ce n'est donc pas la misère qui aurait poussé ce malheureux à en finir avec la vie, mais plutôt, croit-on, une maladie qui le faisait terriblement souffrir.

 

28 septembre 1890 – Suicide.

Meilhan - Le nommé Jean Darrieutort, âgé de 47 ans, métayer à Meilhan, s'est suicidé dimanche dernier par pendaison. Ce malheureux éprouvait depuis quelque temps des souffrances très vives. C'est à cette circonstance qu'il faut attribuer son acte de désespoir.

Décès le 21 septembre.

 

1er juin 1890 - Lugubre découverte.

Haut-Mauco - On nous annonce que le nommé Martin, contremaître chez M. Dubide, qui avait disparu depuis près de deux mois de Mont-de-Marsan, aurait été trouvé pendu dans les pins de la commune de Haut-Mauco.

La police s'est transportée sur les lieux. Le cadavre de ce malheureux, entièrement décomposé, a été transporté à l'hospice de Mont-de-Marsan.

 

13 mars 1889 – Suicide.

Geloux - On nous écrit de la commune d'Ygos pour nous signaler le suicide par strangulation du nommé Samouillan Hilaire, âgé de 57 ans, marchand drapier ambulant, domicilié dans la commune de Geloux.

Samouillan a été trouvé jeudi dernier pendu dans une grange située dans le bourg de Geloux. Ses poches renfermaient une somme de 394 francs et une lettre d'un de ses neveux portant le cachet de Saint-Martory.

Aucune trace de violence n'ayant été relevée par les constatations légales faites par M. le Dr Cadilhon, d'Ygos, M. le procureur de la République de Mont-de-Marsan a adressé à M. le maire de Geloux l'autorisation de procéder à l'inhumation du cadavre.

Samouillan, très souffrant et bien au-dessous de ses affaires, avait à plusieurs reprises manifesté l'intention de mettre fin à ses jours.

 

27 janvier 1888 - Suicide

Saint-Perdon - Le nommé Tauziède, âgé de 72 ans, s'est suicidé par strangulation. Ce malheureux était depuis longtemps dans un état continuel de souffrance. Plusieurs fois, il avait manifesté à ses voisins son intention de se donner la mort.

 

24 avril 1885

Taller – Suicide. Le sieur E. Mariet a été trouvé pendu dans un parc situé à 3 kilomètres environ de Taller. Ce malheureux, qui avait dans le temps une assez belle fortune, l'avait gaspillée ; se voyant dans une situation très précaire, il s’est pendu de désespoir.

 

6 juillet 1884 – Suicide.

Campet-Lamolère. Le nommé Dunogués Jean, âgé de 90 ans, domicilié au quartier Cabirot, commune de Campet, a été trouvé pendu à un pieu, non loin de la maison d’habitation.

 

2 juillet 1884 – Suicide.

Saint-Sever - Vendredi dernier, vers 6 heures et demie du matin, la femme Sauvignac, ménagère à Saint-Sever, quartier du Bas-du-Pouy, a été trouvée pendue à une poutre de la cuisine.

Le médecin, appelé auprès de cette malheureuse, a conclu à un suicide. Tout porte à croire qu’elle s’est suicidée à la suite de scènes de ménage. Elle avait d’ailleurs souvent manifesté l’intention de se donner la mort.

 

14 septembre 1884

Rion-des-Landes - Le nommé Lasserre Pierre, propriétaire demeurant à Rion, a été trouvé pendu dans une grange dépendant de son habitation.

Depuis longtemps, Lasserre était atteint d’une maladie incurable, et plusieurs fois déjà, il avait manifesté l’intention de se suicider, de s’empoisonner avec du vitriol.

 

13 septembre 1882 – Suicide.

Ygos - Le nommé Duboué Henri, 13 ans et domestique chez le sieur Lassalle Jean, colon à Ygos, a été trouvé pendu à un pommier, au lieu-dit « Hourtinaou ».

Le nommé Duboué était depuis 10 mois environ au service du colon Lassalle, qui n'avait eu qu'à se louer de lui.

 

31 mars 1882 – Suicide.

Ygos - Le nommé Cuzacq Jean, âgé de 64 ans, colon, né et demeurant à Ygos, s'est suicidé en se pendant à une poutrelle, dans une grange située à quelques mètres de sa maison d'habitation.

Cuzacq, qui était atteint d'une maladie incurable, avait plusieurs fois manifesté à sa famille et aux voisins l'intention de mettre fin à ses jours.

 

28 octobre 1881 – Suicide.

Vendredi matin, un jeune homme de Mugron a été retrouvé pendu derrière les loges de la place de la course. Ce suicide est attribué à des chagrins d'affaires.

 

14 janvier 1880 – Suicide.

Mugron, le 1er janvier. M. Jean Bordes, aubergiste, âgé de 41 ans, s'est pendu dans sa chambre à coucher, au moyen d'une ceinture.

Au moment du souper, Mme Bordes monta pour avertir son mari. En le trouvant pendu, elle coupa la ceinture et appela au secours ; un garçon meunier, du nom de Lacoste, accourut à ses cris, et ils le portèrent sur un lit pendant qu'on allait chercher M. le Dr Degos. Quand le médecin fut arrivé, les soins les plus intelligents furent prodigués au suicidé, mais tout fut inutile pour le rappeler à la vie.

On nous raconte que Bordes ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales et que plusieurs fois déjà il avait voulu attenter à sa vie.

 

7 juillet 1880 – Suicide.

Arengosse - Le 29 juin, à Arengosse, un sieur Piet (Pierre), plus connu sous le nom de Baptiste, âgé de 52 ans, s'est pendu à un cerisier. M. le Dr Hérail, appelé sur les lieux, a constaté que la mort remontait à plusieurs heures.

Le sieur Piet, auquel on ne connaissait point de parents et qui n'avait point de domicile fixe, vivait fort retiré depuis quelque temps ; atteint de misanthropie, il avait à plusieurs reprises manifesté l'intention de se suicider.

 

4 juin 1880 - Suicide

Saint-Perdon - Le 24 mai dernier, la nommée Catherine Dupuy, journalière, âgée de 52 ans, domiciliée à Saint-Perdon, a été trouvée pendue à un cerisier. M. Darroze, médecin de Campagne, en procédant à l'examen du cadavre, n'a constaté aucune trace de violence. La misère seule paraît avoir inspiré cet acte de désespoir.

 

17 septembre 1880  

Arjuzanx - La dame Ricot, née Bernède, vivant séparée de son mari et demeurant chez son père, huissier à Arjuzanx,  a essayé de se pendre à quelques pas du domicile de ses parents.

Sa mère, ayant remarqué son absence, prévint aussitôt des voisins qui l'accompagnèrent dans ses recherches. Au bout de quelques minutes, son corps fut découvert. On s'empressa de couper la corde et, après avoir reçu des soins empressés, elle reprit aussitôt connaissance.

 

8 août 1879 - Suicide à Cazères-sur-Adour.

Un suppôt de Bacchus,

Altérait sa santé, son esprit et sa bourse :

Telles gens n’ont pas fait la moitié de leur course,

Qu’ils sont au bout de leurs écus.

Un jour que celui-ci, plein du jus de la treille,

Avait laissé ses sens au fond d’une bouteille,

Sa femme…


Ici nous sommes obligés de continuer en prose notre histoire, qui pourrait prendre le même titre que la fable de La Fontaine citée plus haut, mais qui s’est terminée plus tragiquement. Reprenons :

Sa femme lui fit des reproches qu’elle ne lui épargnait jamais en pareille circonstance, mais qui furent cette fois d’autant plus vifs que notre homme était gris depuis trois jours. Seulement, il faut croire que chez lui le vin avait la vertu de développer extraordinairement la sensibilité et l’amour-propre, car il conçut le projet de se suicider et ne tarda pas à l’exécuter. Deux heures après, un enfant de 12 ans, son neveu, le trouva pendu à une branche d’un chêne, à cent mètres de sa maison d’habitation. Sa femme, prévenue, se hâta d’accourir et même, disons-le à sa louange, s’empressa de couper elle-même la corde dans l’espoir de le rappeler à la vie, mais ses efforts furent vains : le malheureux était passé de Bacchus chez Pluton.

 Ce tragique événement s’est accompli jeudi dernier à Cazères-sur-Adour ; le suicidé, Jean Sussère, n’avait pas plus de 34 ans.

Nous engageons, en terminant, les femmes qui ont l’habitude de faire des reproches à leurs maris quand ceux-ci rentrent au logis un peu « brindezingues », à y mettre à l’avenir un peu de modération, et aussi ne faudrait-il pas, dans certaines communes, que tous les confrères du héros de cette très véridique histoire y missent autant d’amour-propre et imitassent son exemple, les branches de chêne n’y suffiraient pas !

 

27 juillet 1879 - Suicide

Lencouacq - Jean Dupouy, âgé de 74 ans, cultivateur à Lencouacq, s’est pendu dimanche dernier devant sa maison d’habitation, par suite des souffrances que lui causait une maladie cutanée.

 

9 juillet 1879 - Suicide

Hagetmau - M. Pierre Costedoat, propriétaire à Hagetmau, s’est pendu jeudi 3 dernier au matin, dans une grange. Lorsqu’on s’est aperçu de l’événement et qu’on a pu couper la corde, le corps était encore chaud, mais déjà il avait cessé de vivre.

Il y a 12 ans environ, M. Costedoat avait été atteint de folie au point qu’on s’était vu contraint de recourir à la chemise de force, mais il en était assez rapidement guéri et n’avait pas eu d’accès depuis ce temps-là, lorsque, il y a deux mois, il avait paru de nouveau perdre la raison. Il était de la part de sa famille l’objet d’une surveillance active, mais il se levait assez souvent la nuit, et c’est ainsi qu’il a pu exécuter son funeste projet.

 

Juin 1879

Souprosse - M. Jean-Baptiste Clavé, âgé de 58 ans, buraliste et marchand de bois à Souprosse, s’est pendu mercredi dernier dans le parc de Jouanic. M. Lestelle, médecin à Cauna, a déclaré après examen qu’il y avait gravité.

On attribue cette mort au mauvais état de M. Clavé, qui d’ailleurs jouissait d’une bonne réputation.

 

29 décembre 1875

Vielle-Soubiran - On nous écrit de cette localité pour nous informer qu’un suicide par strangulation a eu lieu dans cette localité il y a quelques jours.

 

 

Statistiques des décès par suicide en France (SNDS CépiDc 2023 – tous âges).

 

  • Stabilité du nombre de décès par suicide en 2023 avec 8 848 décès recensés, correspondant à un taux standardisé de 13 décès pour 100 000 habitants (- 4 % par rapport à 2022).
  • Taux de décès par suicide les plus élevés chez les hommes de 65 ans et plus et de 45-64 ans avec respectivement 37 et 29 décès pour 100 000 hommes.
  • La modalité de décès par suicide la plus fréquemment enregistrée dans les certificats de décès était la pendaison (51 %), quel que soit le sexe.

 

 

Un grand merci à Denis Fery qui a patiemment compilé tous les faits divers des journaux des Landes et me les a gracieusement communiqués.

 

 

Sources

 

AD40 : Le Républicain Landais.

 

https://www.santepubliquefrance.fr/sante-mentale/suicides-et-tentatives-de-suicide/bulletin-national/conduites-suicidaires-en-france-bilan-2024

 

 

 

 

 

 
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Article épinglé

En 1898, les fêtes patronales de Campagne-de-Marsan (Landes) : demandez le programme.

Cette locution nominale désignait la fête religieuse d’une paroisse, en l’honneur du saint protecteur de celle-ci, soit Saint-Pantaléon  pou...

Articles les plus consultés