Les faits divers dans les Landes, de 1870 à 1940, relatés par le journal Le Républicain landais : accidents par la foudre.

En France, environ 100 cas de fulguration par an (soit 1,5 cas pour 100 000 habitants) sont dénombrés, avec un taux de mortalité de 10 à 30 % (Santé Publique France), principalement entre les mois de mai et septembre, touchant majoritairement les hommes âgés de 20 à 45 ans en activités de plein air.
« La foudre peut affecter le corps humain de plusieurs façons. D'abord par contact direct, quand l'éclair frappe directement la personne. Ensuite par contact indirect, lorsque la décharge traverse un objet métallique ou le sol. Enfin par effet de souffle, causé par l'onde de choc accompagnant l'éclair ». D'où la diversité des cas mentionnés dans le journal « Le Républicain Landais » que nous reproduisons ici.
 

La foudre a frappé.

Image générée par Chat-GPT (B-A Gaüzère, 2026).

 

1er septembre 1928
Tartas – Carcen-Ponson. Deux personnes tuées.
Dans la soirée du vendredi 24 août, un orage d’une violence rare a éclaté sur la région.
À Tartas-ville, la foudre est tombée sur le garage de M. Lafferrière, abîmant du matériel et disloquant la citerne d’essence, par bonheur vide à ce moment-là.
À Ponson, commune voisine, un brave journalier qui revenait du chantier et qui avait cherché un abri contre le temps épouvantable dans une maison en construction sur le bord de la route y fut atteint par la foudre et tué sur place.
Un peu plus loin, la foudre pénétra dans une maison où plusieurs personnes étaient réunies, tuant un homme, lacérant sans autre dommage les vêtements d’une jeune fille et frappant de paralysie un vieillard qui faisait partie du groupe.
On nous signale dans la même commune que, consécutivement à l’explosion de la foudre, le feu a pris à l’usine de produits résineux de M. Henry Tournaire. Grâce au dévouement des ouvriers de l’usine, l’incendie put être rapidement étouffé.
Beaucoup d’arbres ont été arrachés ou abattus un peu partout. L’orage fut bref, mais il a tout de même accumulé des ruines et causé des deuils irréparables.
 
17-20 août 1916
Saint-Perdon - Tué par la foudre. Dans la soirée de mercredi, la foudre est tombée dans un pignadar de la commune, tuant le nommé Dèze, journalier, âgé de 49 ans. Les vêtements de ce malheureux avaient été déchiquetés. Dèze était marié et père d’un enfant.
 
Août 1910 – Orage.
Mardi matin, un violent orage s’est abattu dans la région, mais, fort heureusement, nous n’avons pas subi de graves dégâts ; dans la commune de Meilhan, la foudre est tombée sur un parc à bestiaux, qui a été incendié ; ce parc contenait deux paires de mules et trois vaches. On a ouvert les portes aussitôt, mais deux mules, d’une valeur de 1 800 francs, n’ont pu s’échapper à temps ; elles ont été carbonisées.
 
13 juin 1909
Haut-Mauco - Tuée par la foudre.
Mercredi dernier, au cours d’un violent orage qui éclata sur notre contrée, une femme de Saint-Pierre-du-Mont a été tuée par la foudre. Voici quelques détails sur ce malheureux accident.
La victime, la dame Marie Mournes, habitant à la métairie de Menjoulin, sur la route de Saint-Pierre-du-Mont à Haut-Mauco, travaillait au milieu des champs avec sa famille. La pluie commença à tomber, Mme Mournes se mit en marche pour rentrer à la métairie avec les autres travailleurs ; à ce moment, un violent coup de tonnerre retentit et toutes les personnes furent renversées.
Toutes se relevèrent quelques secondes après, seule la femme Mournes resta étendue sur le sol. On s’empressa autour d’elle, mais elle ne donnait plus signe de vie ; on remarqua qu’une mèche de cheveux du côté droit était roussie et que l’oreille du même côté était légèrement brûlée. La victime était âgée de 49 ans.
 
8 juillet 1908
Saint-Martin-d’Oney - L’orage - Accident mortel.
Samedi matin, vers huit heures, au cours d’un orage violent mais de brève durée, la foudre est tombée sur une métairie de la commune ; elle a tué une petite fille de 4 ans qui s’amusait dans le grenier avec un chat. La grand-mère, qui rentrait à ce moment, fut renversée par la violence du choc et est restée sourde pendant quelques heures.
 
Mai 1907
Rion-des-Landes - La foudre.
Dans la nuit de lundi à mardi, entre une heure et deux heures, un violent orage a éclaté sur notre bourg. Bien des gens ont été vivement effrayés.
Suivant les fils de lumière électrique, le fluide a pénétré dans plusieurs habitations. La plupart des locataires en ont été quittes pour la peur. Cependant, chez M. J.-R. Dessis, conseiller municipal, la foudre, suivant un câble de commande, a détérioré divers objets de la chambre à coucher et brûlé, heureusement sans gravité, Mme et M. Dessis, l’un au bras, l’autre sur la poitrine.
À la scierie de M. Louis Poudenx, le feu s’est déclaré en trois points différents et isolés : caprice de la foudre. M. Dessis, prévenu par l’accident survenu chez lui, a pu enrayer immédiatement le commencement de l’incendie.
 
3 juillet 1907
Rion-des-Landes - Tué par la foudre.
Vendredi matin, pendant le violent orage qui éclatait sur notre localité, plusieurs pins ont été brûlés en divers points de la commune. Malheureusement, un résinier, M. Lanne, qui continuait imprudemment son travail au pied de l’un d’eux, a été atrocement brûlé par la foudre et a succombé dans la nuit de vendredi à samedi. Le malheureux a été atteint sur le côté gauche jusqu’à la ceinture ; puis, dévié par son couteau, le fluide brûla le côté droit jusqu’au sol.
 
12 septembre 1906
Campagne - Terribles effets de la foudre.
À la suite d’un violent orage qui a éclaté dimanche soir sur notre région, la foudre est tombée sur la maison d’habitation de M. d’Estanque, maire de Campagne, au lieu-dit Batanés. En quelques minutes, le feu se propageait avec une rapidité surprenante, laissant juste le temps à la famille d’Estanque de s’enfuir à peine vêtue. Le pavillon attenant à la maison d’habitation, sur lequel se trouvait le paratonnerre, a seul été épargné. Les pertes matérielles sont considérables et couvertes par une assurance.
On signale également plusieurs cas d’incendie occasionnés par la foudre, notamment à Saint-Yaguen, dans les pins, à Rion-des-Landes et Beylongue, où des parcs ont été brûlés.
 
28 septembre 1904
Gouts - Violent orage.
Samedi dernier vers 3 h 30, un orage s’est déchaîné sur notre région.
Malgré la pluie qui était tombée dans la matinée, le tonnerre et les éclairs sillonnaient l’horizon.
À Gouts, près de Tartas, la foudre est tombée sur un séchoir contenant cinq mille pieds de tabac et appartenant à M. Fargues, propriétaire à Jangros. Le tout a été la proie des flammes. Il y a assurance.
 
Septembre 1894
Ousse-Suzan - Ces jours derniers, la foudre est tombée sur une bergerie appartenant au sieur Castandet, fermier d'Ousse-Suzan. La bergerie a été totalement consumée. Les pertes, non assurées, s'élèvent à 250 francs.
 
24 août 1892 - Tuée par la foudre.
Castelner - Le 19 août courant, vers deux heures du matin, pendant l'orage, la femme Bordenave, née Carrère, âgée de 64 ans, habitant la commune de Castelner, sortit de son lit pour aller prendre un peu d'air. Au moment où elle ouvrait la fenêtre, la foudre vint juste à tomber et la malheureuse femme fut tuée sur le coup ; son mari, qui était resté au lit, se leva aussitôt, mais il ne put que constater le décès.
 
14 août 1892 – Incendie.
Meilhan - Dans la journée du 8 août, vers une heure et demie de l’après-midi, la foudre est tombée sur un parc couvert en chaume, sis au lieu de « Sillon », commune de Meilhan, et y a mis le feu. Malgré les promptitudes des secours, le parc et tout ce qui s'y trouvait : outils aratoires, deux vaches, récoltes, sont devenus la proie des flammes. Les pertes sont évaluées à 1 252 francs et se répartissent entre MM. Despagnet, docteur en médecine à Mont-de-Marsan, Bertrand et Joseph Darrieutort, propriétaires à Meilhan, et la veuve Maque, ménagère, également à Meilhan. Elles sont en partie couvertes par des assurances.
 
26 mai 1888
Cauna - Samedi dernier, 26 mai, la foudre a tué à Cauna une petite fille de 8 ans et, chose singulière, aucune des cinq personnes qui se trouvaient avec la jeune fille n'a été atteinte.
 
1er septembre 1880 - Les orages
Saint-Martin-d’Oney – Le plus cruel de tous, car il a trait aux personnes, c'est la mort d'un jeune homme, le nommé Gensous, facteur-boîtier à Saint-Martin-d'Oney. Le malheureux se trouvait dimanche matin à quelques pas de sa maison, à proximité d'un gros peuplier, lorsque la foudre l'a frappé ; le fluide a parcouru tout son côté gauche, du cou au talon, en laissant un profond sillon ; la mort a été instantanée ; quelques heures après, le corps était décomposé. Cet événement a péniblement impressionné tout le monde.
 
13 août 1880 - Frappé par la foudre
Pontonx-sur-l’Adour – Vendredi à Pontonx, la foudre a occasionné quelques accidents moins graves, mais qui n'en sont pas moins curieux à noter.
Trois ouvriers, les sieurs Mompez (Auguste), Mompez (Alexandre) et Gamet (Élie), forgerons, travaillaient dans un atelier. Auguste Mompez limait un morceau de fer quand il aperçut du feu et de la fumée, et ressentit aussitôt une très forte commotion ; il fut élevé et maintenu en l'air deux secondes, et renversé ensuite sur le sol, évanoui ; il ne reprit connaissance que quatre heures après. On s'aperçut alors qu'il était légèrement contusionné, surtout aux talons où le fluide avait été attiré par les clous des souliers, lesquels cependant ne portaient aucune trace de son passage ; cette circonstance explique ce singulier fait que Mompez ait pu être enlevé du sol.
Alexandre Mompez a lui aussi été terrassé par le fluide,  mais il n'a point perdu connaissance et s'est remis aussitôt.
Élie Gamet, qui a été également renversé, n'a eu aucun mal, non plus qu'un charpentier, Justin Gudes, qui se trouvait près de lui et n'a même ressenti aucune commotion.
Il est probable que l'accident aurait eu des suites plus graves pour Auguste Mompez si M. Darroze, docteur en médecine, n'avait fait pratiquer aussitôt des frictions énergiques qui l'ont ramené à la vie.
 
27 août 1880 - La foudre.
Tartas - Samedi 21, un coup de foudre a incendié un hangar où se trouvaient 150 quintaux métriques de paille appartenant à M. Larrieu (François-Aboukir), fabricant d'enveloppes à bouteilles, locataire de M. Bonnemaison, maçon.
Les pertes du locataire, montant à 375 francs, ne sont couvertes par aucune assurance ; celles du propriétaire, évaluées à 1 000 francs, sont garanties par une assurance.
 
1879
Aurice - Incendie.
À Aurice, la foudre a incendié deux parcs au préjudice de M. Daugé, propriétaire. Grâce à de prompts secours, il a été possible de préserver une maison d’habitation qui les avoisinait et dont la toiture était déjà enflammée sur une longueur de 4 mètres. Les pertes, qui s’élèvent à 1 500 francs, sont garanties par une assurance.
 
1872
Meilhan - Nous recevons une lettre de Meilhan dans laquelle il est dit que la foudre a mis le feu à une grange de M. Cabanot, propriétaire à Meilhan. Onze gerbes de seigle et tous les ustensiles agricoles qui se trouvaient dans la grange ont été brûlés dans cet incendie. Rien n'était assuré.
 
17 septembre 1873
Mont-de-Marsan – Samedi 13, vers 6 heures du soir, un orage très violent a éclaté sur la ville de Mont-de-Marsan ; la pluie était très abondante et la foudre est tombée en plusieurs endroits, notamment au lieu nommé « Crouste », le fluide électrique a pénétré par la cheminée dans une chambre où se trouvaient deux petits enfants qui n'ont eu aucun mal. Circonstance singulière, le fluide a répandu dans la chambre les cendres qui se trouvaient rassemblées dans le foyer de la cheminée.
 
Lettre du 2 août 1878
Grenade-sur-Adour
« Je m’empresse de vous communiquer la sinistre nouvelle qui vient de porter une épouvante générale parmi la population de Larrivière et de Grenade.
Hier, vers 5 heures du soir, un violent orage s’est déchaîné sur nos deux communes.
Un jeune homme de 30 ans environ, père de deux enfants en bas âge, a été atteint par le fluide électrique et tué d’une manière instantanée.
Voici les conditions dans lesquelles a eu lieu l’émouvant sinistre.
Après une journée employée à gagner le pain qui devait alimenter sa famille, le nommé Basile Lamarque se dirigea, vers 6 heures, malgré la pluie qui tombait avec force, vers notre rivière afin de visiter des hameçons tendus dans le fleuve. Cet infortuné ouvrier se retirait, emportant quelques poissons, fruits de sa pêche, lorsqu’une décharge électrique est venue lui enlever l’usage de ses fonctions vitales.
Le cadavre, trouvé bientôt après, transporté dans l’habitation de ses parents, a été l’objet des observations les plus minutieuses de la part du docteur appelé qui, malheureusement, n’a pu que constater le décès du malheureux père de famille.
J’ose espérer, Monsieur le rédacteur, que vous porterez à la connaissance de vos lecteurs la nouvelle de cet irréparable sinistre qui plonge dans la désolation une famille entière ».
Un habitant de Grenade.
 
 
 

Ces accidents par la foudre sont spectaculaires mais fort heureusement rares. Vingt cas ont été rapportés par le journal de 1870 à 1940, occasionnant dix décès : six hommes jeunes et quatre femmes dont deux fillettes. Tous les accidents sont survenus entre les mois de mai et de septembre. La moitié des personnes tuées par le foudre se trouvaient à l’extérieur, l’autre moitié se trouvait dans des maisons.

 
 
 
Un grand merci à Denis Fery qui a patiemment compilé tous les faits divers des journaux des Landes et me les a gracieusement communiqués.
 
 
Sources
 
AD40 : Le Républicain Landais.
 
 
 
 

 

 

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