|
Un village landais de
1873 avec son église traditionnelle, des maisons à colombages et un léger
séisme qui inquiète les habitants sans causer de destructions importantes
(ChatGPT, B.-A. Gaüzère, 2026). Voici les détails fournis par les journaux de diverses localités du Sud-Ouest, où a été ressenti le tremblement de terre du 26 novembre 1873.Landes - Ce matin, à 4 h 40, un bruit souterrain s'est fait entendre à Saint-Justin et dans les communes avoisinantes et, en même temps, une secousse de tremblement de terre s'est fait sentir. Cette secousse assez violente a duré quatre secondes, mais elle n'a donné lieu à aucun incident. Plusieurs personnes de Mont-de-Marsan avaient remarqué à l'horizon, au moment de la secousse, un nuage lumineux ; le Bien-public nous apprend que le même phénomène a été observé à Tarbes.
Biganon (Landes). Le Républicain produit le témoignage d’un lecteur de Biganon (NDLR - aujourd’hui commune de Moustey, dans le nord des Landes), qui situe l’événement « Vers 5 heures » : « Les secousses étaient violentes et à un tel point que les lits étaient ballottés, les batteries de cuisine faisaient entendre leur son métallique et les carreaux de vitres ajoutaient au vacarme général par leur bruit strident et saccadé. L’ébranlement terrestre a duré environ 15 secondes », etc.
Toulouse - Nous avons été rudement secoués cette nuit par un tremblement de terre. À 3 h 30, première secousse assez faible. À 4 h 35, forte secousse. À 4 h 40, très forte secousse. Beaucoup d'habitants ont été réveillés en sursaut. (Réforme).
Montauban – Aujourd'hui, vers 4 h 30, une secousse violente de tremblement de terre a réveillé un grand nombre de nos concitoyens. Après avoir duré quelques secondes, cette commotion cessa sans avoir occasionné, que nous sachions, d'accidents sérieux. Cependant, à la même heure et en arrivant à Montauban, les chevaux de la voiture qui fait le service des dépêches de Castelnau-Montratier, effrayés par cette secousse, s'emportèrent brusquement et ce ne fut qu'au prix des plus grands efforts que le conducteur parvint à s'en rendre maître. (Républicain du Tarn-et-Garonne)
Bayonne - Ce matin, à 4 h 55, a eu lieu un tremblement de terre, dans la direction du sud au nord. Une première secousse presque imperceptible a été suivie, à 5 heures moins 17 minutes, d'une secousse plus forte qui a duré à peu près trois ou quatre secondes. Dans plusieurs maisons, les meubles ont été vivement agités et des vases se sont entrechoqués. Ce phénomène, qui n'a pu être remarqué par nombre de personnes, n'a pas laissé de produire une certaine émotion. On nous annonce que du côté de Saint-Pierre, le tremblement de terre s'est fait beaucoup sentir. Au château Neuf, la secousse a ébranlé les râteliers des fusils ; le bruit des armes se heurtant les unes contre les autres a jeté l'émoi dans la caserne. Effet de la propagation ! (Avenir des Pyrénées).
Foix - Ce matin, vers 4 h 20, on a ressenti, à
Foix, une assez forte secousse de tremblement de terre. Un grondement sourd a
été immédiatement suivi d'une secousse verticale, puis d'oscillations dans le
sens du méridien. Le phénomène a duré de 2 à 3 secondes. (Avenir de l'Ariège).
Auch,
Tarbes, etc. – Hier, mercredi
26 novembre, à 4 h 05 du matin, par un temps clair et peu chargé de nuages, les
habitants d'Auch ont été réveillés brusquement par une violente secousse de
tremblement de terre, précédée de deux autres très faibles.
Cette
secousse était ondulatoire comme un mouvement de serpent, elle n'a duré qu'une
portion de seconde, mais elle a eu la raideur d'une décharge électrique. Elle
se dirigeait du sud au nord, en vibrant de l'est à l'ouest.
Dans
la journée du mercredi, le temps (un peu brumeux mardi) a été beau et chaud à
Auch, le thermomètre a marqué 15 degrés centigrades.
La
même vibration a été ressentie sur plusieurs points du département.
Mais
à Auch et dans le Gers, tout s'est borné à secouer vigoureusement les portes et
à faire tinter les vitres, les sonnettes et le gros bourdon de la cathédrale.
Chez
nos voisins, à Tarbes, on a ressenti plusieurs secousses très accentuées.
Dans
les Pyrénées, à Bagnères-de-Bigorre, on en compte sept ; il y a des toits
endommagés, des enseignes jetées à terre et divers dégâts, notamment à la gare
et dans une marbrerie. Mais heureusement, on ne compte aucune victime. Ce
tremblement de terre a été signalé à Bordeaux, à Toulouse, dans toute la région
du Sud-Ouest et même jusqu'à Béziers (Avenir d'Auch).
Agen - Dans la nuit de mardi à mercredi, vers
4 h 30 du matin, un tremblement de terre a éveillé la population sur divers
points du département.
À
Agen, les oscillations ont duré environ deux secondes en se succédant à
intervalles très rapprochés. Elles se sont produites de l'est à l'ouest,
perpendiculairement à l'équateur. Le phénomène s'est manifesté par de légers craquements
dans les maisons, par des cliquetis de vaisselle ; plusieurs ont cru être
rejetés hors de leurs lits, d'autres, debout à cette heure matinale,
comparaient le bruit qu'ils ont perçu au sifflement du vent ; un de ces
derniers ajoutait : « J'ai été tout étonné d'entendre souffler le vent sans
voir les arbres remuer. »
Des
pendules se sont arrêtées.
On
nous assure que deux barres de fer, mal assujetties à une croisée, ont été
retrouvées sur le pavé d'une de nos rues.
Les
gardes qui veillaient sur les restes de notre pauvre ami Victor Laon* ont vu
remuer la bière et ont été en proie à une frayeur extrême.
Il
semble que dans le quartier de Rouquet le phénomène ait été plus perceptible
que dans l'intérieur de la ville (Réveil du Lot-et-Garonne).
*Conseiller municipal et membre du conseil d’administration du Réveil du Lot-et-Garonne. Il avait été proscrit le 2 décembre. Éminent membre de la maçonnerie. Carcassonne - Deux légères secousses de tremblement de terre ont été ressenties cette nuit, entre 4 et 5 heures du matin, dans la ville de Carcassonne. Les mouvements d'oscillations ont été séparés par quelques minutes d'intervalle (Tribune).
Bagnères-de-Bigorre - On a ressenti deux violentes secousses : la première, à 4 heures et demie, la seconde à 10 heures et demie. Les habitants ont été frappés d'épouvante. On signale plusieurs maisons lézardées, ainsi que la gare et l'église Saint-Vincent. La cheminée du bâtiment du télégraphe s'est écroulée, sans, fort heureusement, blesser personne. Plusieurs autres dégâts ont été causés par la trépidation du sol dans bon nombre d'habitations, par exemple dans le chalet Bagatelle, appartenant à M. Saint-Léon Boyer-Fonfrède.
Cauterets - Deux commotions se sont produites, la première à 4 h 30, et la seconde, plus faible, à 10 h 15. Il n'y a pas eu d'accident. Les eaux n'ont pas été troublées. Il en a été de même à Luz-Saint-Sauveur. Une seule maison a été lézardée à Esquièze. Un de nos confrères dit que la secousse du 26 a été ressentie à Lyon.
Tarn - Hier matin, mercredi à 4 heures 10, on a ressenti dans plusieurs maisons de notre ville d'assez violentes secousses de tremblement de terre.
D’autres séismes survenus dans la région, bien avant 1873.Le séisme bigourdan, survenu le 21 juin 1660, reste à ce jour le plus fort ayant affecté les Pyrénées françaises. Bagnères-de-Bigorre, Lourdes et de nombreuses villes et villages de Bigorre ont subi des dégâts considérables, avec au moins une trentaine de victimes. Ce séisme avait été ressenti jusqu’en Vendée et à Montpellier. L’épicentre du séisme de 1660 était situé à une quinzaine de kilomètres de Bagnères-de-Bigorre. Deux autres séismes, légèrement moins violents, ont secoué la même région le 24 mai 1750 et le 20 juillet 1854.
11 décembre 1673 à 04 heures : séisme d'intensité 3,5 à Dax (Landes).
D’autres séismes survenus au cours du XXe siècle dans la région, jusqu’à la destruction surprise du village d’Arette (Pyrénées-Atlantiques) en 1967.
10 mars 1876 à 17 h 10 : séisme d'intensité 3 à Saint-Martin-de-Hinx (Landes).
Juin 1902 De nombreuses secousses de tremblements de terre ont été ressenties les 14 et 15 de ce mois à Lurbe, Asasp et à Oloron, dans le département des "Basses-Pyrénées". À Lurbe et à Asasp, le samedi vers 9 h 30 du matin, la secousse a été très violente. Dimanche à 4 h 45 du matin, Oloron a été mis en sursaut par une secousse. À Arette, elle a été ressentie à 4 h 40 ; elle a été courte, mais suffisante pour réveiller les dormeurs.
27 juillet 1904 Deux nouvelles secousses de tremblement de terre se sont produites vendredi soir vers 6 h 20 et vers 6 h 35 ; elles ont été ressenties assez nettement par plusieurs personnes et sont restées inaperçues pour beaucoup d’autres. Ces secousses, très courtes, paraissaient se diriger du sud au nord ; elles ont été aussi perçues à Cauterets, Bagnères, Auch, Agen, Bordeaux, en un mot dans toute la région ; aucun accident ne s'est produit. Notre pays, qu’on a tant chanté, va-t-il se mettre à danser, maintenant ?
13 août 1967 - Le séisme de 1967 d'Arette. Il est survenu à 23 h 08 dans le piémont béarnais des Pyrénées. D'une magnitude estimée à 5,5 sur l'échelle locale de Richter, il s'agit du plus important séisme ressenti en France métropolitaine au cours du XXe siècle, après celui de 1909 en Provence, et du dernier séisme ayant occasionné des dégâts importants et un bilan humain en France métropolitaine. Il a détruit 80 % du village d’Arette et touché plusieurs villages alentour (Lanne, Montory, Barlanès, Haux). Les secousses ont été ressenties dans tout le Sud-Ouest, ainsi qu'en Espagne. Le bilan a été modéré : un mort et une vingtaine de blessés.
Quelques tentatives d’explication de l’époque sur le séisme qui a frappé la Gascogne en 1873Au sujet du nuage lumineux, La Nature du 13 décembre 1873 fournit une explication : « L’atmosphère était partout lourde et très chargée d’électricité, de nombreux éclairs apparaissaient à l’horizon et le grondement d’un tonnerre lointain se faisait entendre ». Un gros orage quelque part sur l’Atlantique ?
Selon François Guichené (1808-1877), abbé musicien, mécaniste et physicien, inventeur du symphonista, l’incident ne provenait pas de la terre, mais du ciel, car au moment du séisme, « La Lune, Mercure, Mars et Saturne, passant presque simultanément au méridien, occupaient à la fois le même degré de déclinaison et le même point de longitude géocentrique ». « Cet ensemble d’attractions planétaires, concentré sur le même point de la surface terrestre, n’a pas été étranger aux violentes secousses »… L’abbé pressentait l’influence de ce qu’on nommait encore « attraction universelle » sur les tremblements de terre.
Les séismes majeurs survenus en France
La base de données de référence des séismes historiques en France, Sisfrance, répertorie 5 743 séismes ressentis dans l’Hexagone ou sur ses proches frontières, depuis plus de mille ans.
Un grand merci à Denis Fery qui a
patiemment compilé tous les faits divers des journaux des Landes et me les a
gracieusement communiqués.
Sources
|
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire