1889 - Course landaise et outrage public (à l’insu de son plein gré) à la pudeur.

« À l'heure où la tauromachie sévit en plein et passionne jusqu'aux belles Parisiennes, on ne s'attendait pas à voir un écarteur traduit devant les juges de son pays pour s'être laissé ouvrir par un taureau le... devant de son pantalon ».
 

On écrit de Saint-Sever à la France du Sud-Ouest

 

23 octobre 1889 - Tribunal correctionnel de Saint-Sever.

 

« La chose est pourtant réelle.

Un sieur Bouet, de Beylongue, forgeron de son état, sachant combien les jeunes Landaises ont un faible pour les émules de « Largartijo* », descendait lui aussi, le 8 juillet dernier, dans l'arène, armé d'un parapluie.

Poursuivi par un taureau ou par une vache, Bouet fut atteint au moment où il franchissait la barrière.

 

« Ses misères », pour parler comme les témoins, furent mises à nu. N'ayant pu (comment vous exprimer ici ?) n'ayant pu y remédier à temps, Bouet a été poursuivi pour outrage public à la pudeur.

Un bien gros mot pour si peu de chose, qui avait fait tant rire les représentants des deux sexes de la commune de Beylongue, à l'exception de deux femmes, l'une veuve et l'autre mariée. »


 
"L'incident du pantalon déchiré au mauvais endroit " (Image générée par Chat GPT – B.-A. Gaüzère, 2026).
 
 

« Ce qu'on a ri à l'audience !

M. Bastale, procureur de la République, a soutenu la prévention avec tout le sérieux que comportait l'affaire.

Me Beyne, du barreau de Mont-de-Marsan, assistait le prévenu. Dans une plaidoirie remplie de détails humoristiques, le défenseur n'a pas eu de peine à dérider les fronts les plus sévères.

 

Le tribunal a condamné le prévenu à 50 francs d'amende.

 

En revanche, le jeune écarteur est sûr d'être désormais le coq de Beylongue ».

 

**

 

*Rafael Molina Sánchez dit « Lagartijo » (« Petit lézard »), né à Cordoue (Espagne) le et mort à Cordoue le , est un matador espagnol. Sa carrière a été brillante, ne commençant à décliner qu'au début des années 1890. Il s’est retiré en 1893 à Cordoue après avoir été considéré comme l’un des plus grands matadors de son temps. Il est mort en 1900 dans une atmosphère de vénération générale.

 

 

Un grand merci à Denis Fery qui a patiemment compilé tous les faits divers des journaux des Landes et me les a gracieusement communiqués.

 

 

Sources

 

  • AD40 – Le Républicain landais


  • Wikipédia 

 

 

 
 

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