Le sabotier

  

À Campagne-de-Marsan (Landes), route du Bourg-de-Haut, au numéro 465, se trouvait l'atelier du sabotier, « l’esclopier » en gascon. Car en gascon, sabot se dit « esclop ».
 
Avant la guerre, il n’y avait pas de bicyclettes, de voitures, et les gens marchaient beaucoup pour aller travailler aux champs, à la fontaine, à la messe, au marché. Ils usaient parfois deux ou trois paires de sabots par an. Les enfants portaient des sabots pour aller à l’école.
 
Le sabotier fabriquait deux sortes de sabots : les sabots pour aller travailler aux champs, lourds, fermés au-dessus du pied sans sculpture, et des sabots « fantaisie », plus légers, pour le dimanche.
 
  
Sabots de bois (Wikipedia)
 

Comme j’allais travailler aux champs, j’avais demandé à mes parents de m’acheter de jolis sabots. Après hésitation, mon père accepta. C’étaient de beaux sabots sculptés d’une fleur, des sabots légers, vernis, avec une large bride en cuir, « des sabots à tenglouns » avec, dessinés, une branche de chêne et des glands. C’étaient des sabots pour le dimanche et non pas pour travailler. C’étaient mes premiers « fantaisie ». Le dessous de la bride de cuir était doublé de feutre blanc, jaune ou bleu. Moi, je l’avais choisi rouge. J'étais très fière de ces sabots, je ne les salissais pas. Je m’en souviens encore.

 

Campagne, le 19 juin 2007, témoignage de Jeanne Labarrère, 84 ans.

 

Tous nos remerciements vont à Claudine Centieu pour le recueil de ce témoignage.

 

 


 

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