Faits divers dans les Landes, de 1870 à 1940, d’après Le Républicain landais : noyades volontaires dans la Midouze, l’Adour et ailleurs…

La noyade est le mode de suicide le plus utilisé après la pendaison, plus fréquemment en été.
« On peut penser qu’une partie des noyades volontaires observées à travers le monde se trouvent classées par erreur dans les statistiques d’accidents. Il s’agit d’un des moyens de suicide les plus ambigus à identifier en l’absence d’indices ou de preuves externes. Sachant qu’un tiers des suicidés ne laissent pas de lettres, et que plusieurs dissimulent leur malaise et leur projet, le doute pourra rester à jamais suite à une portion des noyades. Les femmes tentent de se noyer davantage que les hommes, vraisemblablement dans l’espoir d’une certaine « douceur » et dans le but de préserver l’intégrité du corps. Le suicide par noyade aurait un taux de létalité entre 63 % et 65 %. En d’autres termes, on aurait plus de 35 % de chances de rester vivant ». 

 

Sauvetage lors d’une tentative de noyade.  
Gouache by John da Costa. Iconographic Collections Keywords: John da Costa (Wikipédia)
 

Les faits

 

11 juin 1927

Carcarès-Sainte-Croix - Un jeune homme se noie volontairement dans la Midouze.

 

21 juin 1922 – Suicide.

Bélis - Mercredi 14 juin à 9 heures, un douloureux événement a mis en émoi notre petite commune ; la veuve Banos Catherine, âgée de 66 ans, malade depuis de longs mois, a mis fin à ses jours en se précipitant dans un puits voisin de sa maison d’habitation.

 

28 décembre 1919

Fargues - Un drame d’amour.

Jeanne Brèthes et Maurice Tastet, de la commune de Fargues, canton de Saint-Sever, s’aimaient tendrement. Lui avait trente ans, elle, dix-huit. Ils s’étaient promis mutuellement l’un à l’autre. Mais les parents étaient formellement opposés à l’union prochaine que leurs enfants avaient envisagée. Cet empêchement plongea ceux-ci dans un chagrin inconsolable.

Vendredi, au crépuscule, les deux amants, étroitement liés l’un à l’autre, par le cou et par la ceinture, se laissaient choir volontairement dans les eaux profondes du Bahus, où ils s’endormaient pour toujours dans une dernière et suprême étreinte.

 

2 mai 1918

Campagne – Noyée. Mardi, la veuve Lamothe Marie, née Duzan, demeurant au bourg, a mis fin à ses jours en se jetant dans la fontaine publique du bourg. Elle était âgée de 70 ans. Cette malheureuse, qui ne jouissait pas de la plénitude de ses facultés mentales, avait manifesté à diverses reprises l’intention d’en finir avec la vie.

 

3 mai 1914

Tartas – Noyé.  Mardi matin, des passants aperçurent sous le pont d’Onard, aux abords de l’Adour, une bicyclette et un béret. Le lendemain, les pêcheurs du 8ème lot ramenèrent sur la rive le cadavre du nommé Dodon (Daudon), de la commune de Cassan. Dans les vêtements, on a trouvé une montre et une somme de 80 fr. environ ; le cadavre avait les mains liées. Une enquête est ouverte.

 

Juin 1913

Campet-Lamolère - Cadavre identifié. L’examen du cadavre qui a été retiré lundi soir de l’Adour a démontré qu’on se trouvait en présence d’un suicide.

Le corps, n’ayant pas été réclamé, fut enterré fort sommairement mardi matin avec la hâte que commandait son état de décomposition très avancée. Mais, mercredi dernier, M. Antoine Barrère, colon à la métairie dite Rome, sise dans la commune de Campet-Lamolère, canton de Mont-de-Marsan, se présentait au bureau de la police de Saint-Sever, où il déclarait que son père Etienne, âgé de 71 ans, dont les facultés mentales n’étaient pas très solides, avait disparu de son domicile depuis le 18 du courant. Des renseignements qui lui furent fournis sur les vêtements du suicidé, M. Barrère crut reconnaître son père. Mais, pour plus de sûreté, il demanda l’exhumation du cadavre. Cette pénible opération, faite séance tenante, transforma en certitude les croyances de M. Barrère.

 

Suite - 29 juin 1913

Mont-de-Marsan - Tribunal correctionnel, audience du 25 juin.

Prend place ensuite, sur le banc des accusés, le nommé Etienne Léopold Barrère, cultivateur à Campet-Lamolère, la prévention lui reproche d’avoir frappé et blessé son grand-père. Peu de temps après cette scène, ce dernier quitta son domicile ; il fut trouver l’instituteur M. Siro ; il lui remit une somme de 300 fr. en lui recommandant de la répartir entre ses trois autres petits-enfants. Puis il partit se jeter dans l’Adour, sur le territoire de la commune de Saint-Sever, d’où le corps fut retiré une quinzaine de jours après. Le Républicain landais signala en son temps cet acte de désespoir.

À l’audience, le jeune prévenu n’avoue qu’à demi le fait qu’on lui reproche. Il dit qu’il a toujours eu du respect pour son grand-père.

Faisant droit à ses conclusions, la cour d’appel de Pau du 30 juillet a condamné par défaut le jeune Etienne Barrère à 3 mois de prison sous la responsabilité civile du père pour les frais.

 

28 mai 1913

Saint-Sever - Noyée. La dame Tauzin, métayère à Dugat, quartier de Sainte-Eulalie, a été trouvée noyée dans une marnière abandonnée.

Elle était partie, vers neuf heures samedi matin,  pour couper du fourrage dans un champ avoisinant son habitation. Vers midi, comme elle n’était pas rentrée à la maison, on eut quelques inquiétudes et on se mit à sa recherche. C’est alors qu’on découvrit son cadavre dans la marnière.

Il semble que la dame Tauzin se soit volontairement donné la mort. Elle était en proie à la neurasthénie et c’est dans une crise aiguë qu’elle a dû attenter à ses jours. La dame Tauzin était âgée de 38 ans et laisse de nombreux enfants.

 

28 mars 1913

Tartas – Suicide - Dans la nuit de lundi, Mme M. Dauba, âgée de 60 ans, propriétaire au Ferou, a mis fin à ses jours. Atteinte d’une maladie incurable, elle trompa la surveillance de sa famille, se leva dans la nuit et alla se jeter dans le puits attenant à la maison.

Quelques heures après, la famille s’aperçut de sa disparition, et après des recherches, elle découvrit le cadavre au fond du puits. La mort a dû être instantanée.

Nous adressons, en cette triste circonstance, à la famille Dauba nos plus sincères condoléances.

 

11 février 1912 - Un noyé.

Mont-de-Marsan - Vendredi soir, à 4 heures, a été retiré du Midou, au barrage de la minoterie Lapelle-Lateulère, le cadavre d’un homme paraissant avoir séjourné longtemps dans l’eau.

 Sur le corps, M. Bardy, commissaire de police, a trouvé une fiole renfermant deux papiers ; une carte d’électeur au nom de Lamothe, charron au bourg, quartier de la commune de Meilhan, canton de Tartas, et quelques lignes écrites au crayon annonçant que la victime se donnait volontairement la mort, le 14 janvier dernier, au pont de l’abattoir.

Le désespéré avait fortement lié ses jambes. Le cadavre a été transporté à l’Hospice.

 

Février 1910

Carcen-Ponson - Noyée dans un puits.

Vendredi, vers 2 h 00 du matin, quelques voisins qui soignaient Mme Labau, 42 ans, atteinte d’une affection neurasthénique, et demeurant à Carcen-Ponson, métairie de Serres, surpris de la subite disparition de cette dernière, s’aperçurent après quelques recherches qu’une chaise était adossée à la margelle d’un puits.

Un homme de bonne volonté, à l’aide d’une échelle, descendit au fond du puits, où il trouva la malheureuse ne donnant plus signe de vie. D’après une enquête faite par la gendarmerie de Tartas, tout porte à croire que la défunte aura mis fin à ses jours en se précipitant volontairement dans le puits.

 

11 novembre 1908.

Cauna – Suicide.

Le sieur Louis Lapeyre, âgé de 58 ans, charretier à Cauna, traversait samedi soir, vers huit heures, le pont de Péré à Saint-Sever, monté sur son inséparable attelage à ânes, qui lui a valu le surnom « L’Aroulé », lorsqu’il rencontra trois jeunes gens auxquels il fit part de son intention bien arrêtée d’en finir avec la vie. Joignant le geste à la parole, l’ânier descendit précipitamment de son véhicule et se dirigea vers le parapet du pont qu’il essaya d’enfourcher pour se jeter dans le fleuve, mais il en fut empêché assez à temps par les trois jeunes gens qui le replacèrent de force sur sa voiture.

Lapeyre, poursuivant son idée première, attendit que ses sauveteurs se fussent éloignés pour descendre à nouveau de sa charrette et pour recommencer son saut dans l’inconnu. Il enjamba encore le parapet et se laissa tomber enfin dans l’Adour, cependant que les trois jeunes gens, qui s’étaient instinctivement retournés, assistaient de loin à cette tragique scène que la lune éclairait et dont ils ne purent cette fois éviter la complète exécution.

Lapeyre fut aussitôt retiré de l’eau peu profonde à cet endroit, mais malgré les soins les plus énergiques,  il ne put être ramené à la vie ; il avait, en effet, succombé à une congestion provoquée d’abord par le froid et ensuite par les nombreuses libations qu’il avait faites avant de mettre à exécution sa funeste détermination ; son cadavre a été transporté à l’hôpital. Les causes de ce suicide sont inconnues.

 

10 avril 1907

Campet – Suicide.

On a retrouvé, sur le territoire de la commune de Campet, le cadavre de M. Clavé, tisserand, demeurant à Mont-de-Marsan, au quartier Saint-Jean-d’Août, route de Sabres.

On pense que le désespéré se sera jeté à l’eau du haut de la passerelle du chemin de fer de Luxey et que son corps a été entraîné par la crue de la Midouze, très forte en ce moment. M. le Dr Pailhes a procédé aux constatations.

 

13 juin 1906

Tartas – Noyé.

On a retiré de la Midouze, samedi matin, le cadavre du nommé Comet, colon de M. le Dr Badet, à Armentieu, commune de Bégaar. Ce malheureux était âgé de 60 ans ; il souffrait depuis longtemps d’une tumeur ou d’un cancer de l’intestin. On suppose qu’il s’est suicidé pour mettre fin aux douleurs provoquées par ce mal incurable.

 

26 juillet 1905

Tartas – Noyé.

Jeudi soir, vers sept heures, deux jeunes gens revenant de la pêche aperçurent au fond de l’eau un corps humain inanimé. Ils prévinrent aussitôt les premiers voisins et la police, qui accoururent aussitôt sur les lieux. L’agent Petiot, qui est très bon nageur, n’hésita pas à se jeter à l’eau et parvint à ramener sur la berge le noyé, qui avait les pieds ligotés, ce qui fait croire à un suicide. L’agent reconnut le nommé Jean-Baptiste Saint-Jean, âgé de 51 ans, ancien domestique de M. Mlonthieu, négociant. Le malheureux Saint-Jean respirait encore quand on le retira de l’eau. Le docteur Gaüzère, appelé en toute hâte, lui donna les soins nécessaires, mais ne put le rappeler à la vie. On ignore les causes qui ont pu pousser ce malheureux au suicide.

 

27 mars 1904

Arjuzanx – Suicide.

Mme veuve Maurrin, âgée de 60 ans, rentière, à Arjuzanx, souffrait depuis longtemps d’une douloureuse maladie. Mercredi, elle s’est jetée dans le puits de sa maison, où on l’a retrouvée le lendemain. C’est pour échapper à ses souffrances intolérables qu’elle a mis fin à ses jours. Elle a laissé un billet ainsi conçu : « Désespérée de la maladie, priez pour moi ».

 

27 avril 1900

Tartas - Chagrin d’amour.

Le sieur Alexandre Ducasse, âgé de 23 ans, ouvrier peintre à Tartas, a tenté de se suicider en se jetant dans la rivière la Midouze. Retiré de l’eau, l’infortuné jeune homme ne donnait plus signe de vie ; des soins énergiques et empressés le ranimèrent bientôt, et il put alors raconter son idylle amoureuse avec Henriette P…, sa maîtresse, qu’il était dans l’intention d’épouser. Les bans du mariage furent publiés en effet, mais au dernier moment, l’infidèle ayant retiré sa parole, la cérémonie nuptiale fut renvoyée aux calendes grecques.

L’amant évincé en ressentit un profond chagrin et résolut d’attenter à ses jours. On sait le reste. Pendant que Ducasse promettait son entourage de ne plus recommencer, un farceur, il y en a partout, même à Tartas, lui sifflotait ironiquement aux oreilles le couplet fameux: « Chagrin d’amour dure toute la vie ».

 

Octobre 1899

Tartas - Arrestation et suicide.

Trois arrestations viennent d’être opérées par la police de Tartas.

Il s’agit d’une affaire d’avortement ; les inculpées, sous les des voies de fait sur la personne d’Anaïs Miremont, sont une matrone connue à Tartas sous le nom de Jeanneton, dite la Négue et la fille Julia M….

La nommée Marie-Louise D., poursuivie comme complice, fut arrêtée fort avant dans la soirée.

Arrivée près des quais, elle simula un besoin naturel et se détacha ainsi des agents. Puis elle se précipita dans la Midouze.

L’agent Badet se jeta immédiatement à l’eau, mais il était trop tard, la malheureuse avait disparu. Son cadavre a été retrouvé lundi matin, à deux kilomètres de l’endroit où Marie-Louise D…. s’était jetée.

 

15 juillet 1898 – Échos de Tartas

Tentative de suicide – Une tentative de suicide a eu lieu dimanche dans la commune de Ponson. Un mendiant en état d'ivresse, se voyant poursuivi par des gamins, s'est jeté dans la Midouze.

Sans l'intervention de MM. Badet, médecin-major de la marine, et F. Ribot, il allait infailliblement se noyer.

Ce n'est pas la première fois que ce malheureux attente à ses jours. Tout dernièrement, il s'était jeté sur la voie de chemin de fer pour se faire écraser par un train. Heureusement qu'un cantonnier l'aperçut et parvint à le dissuader d'en finir avec la vie.

 

23 juin 1897

Carcarés-Sainte-Croix – Suicide.

Un vieillard de la commune de Sainte-Croix, le nommé Dehez, s'est suicidé dans les circonstances suivantes. Ce pauvre malheureux, qui était atteint de la pellagre, s'est armé d'un marteau et s'est mutilé la tête ; voyant que la mort ne venait pas, il est allé se jeter dans un ruisseau d'où il a été retiré le lendemain.

 

31 mars 1897

Tartas – Suicide.

Madame Ducamp, propriétaire du Café de la Renaissance, à Tartas, s'est jetée volontairement dans la Midouze, samedi matin 27 mars. Son cadavre a été retrouvé dans l’après-midi au lieu-dit Pariben, commune d’Audon. La gendarmerie, prévenue, s’est rendue sur les lieux.

M. le Dr Pouey a constaté que le corps de cette pauvre femme ne portait aucune trace de violence. On croit que ce suicide a été provoqué par des embarras financiers.

 

26 février 1897

Ygos - Tentative de suicide.

Éprouvant un vif chagrin d'être séparée de sa famille, avec qui elle ne vit plus depuis 20 ans, la nommée Marie Filhol, épouse Daracq, âgée de 41 ans, a tenté de se suicider en se jetant dans un puits. Des voisins réussirent à la retirer du puits. Elle en sera quitte pour quelques contusions.

 

7 juillet 1895  

Geloux - Suicide d'un fou.

Vendredi matin, un tragique événement s'est produit à l'hospice de notre ville. Le nommé Justin Devert, âgé de 43 ans, potier à Geloux, atteint de troubles cérébraux, était depuis quelques jours soumis à l'examen d'un médecin aliéniste, M. le Dr Malichecq.

Vers sept heures et demie, la sœur Eugénie avait fait sortir Devert de son cabanon.

Ce malheureux, trompant la surveillance de la sœur, est allé se jeter dans le Midou, à 40 mètres en aval du pont de l’abattoir, et s'est noyé, malgré les prompts secours des infirmiers Victor Bibes et Antoine. L'eau était à cet endroit profonde de plusieurs mètres. MM. les Dr Malichecq et Despagnet, de service à l'hospice, étaient présents quand Devert a été retiré de la rivière. Pendant plus d'un quart d'heure ils ont, mais en vain, essayé de le ramener à la vie. Devert était atteint de la monomanie de la persécution. Une enquête est ouverte.

 

22 mai 1895 

Saint-Sever – Suicide.

Le nommé Pierre Dupouy, âgé de 73 ans, colon à la métairie de Rouet, quartier Daugreilh, s’est noyé dans une mare voisine de sa maison d'habitation. Il avait fortement lié les jambes à la hauteur des genoux à l'aide d'une corde qui a été reconnue comme lui appartenant. Le Dr Lemée, appelé en toute hâte, a examiné le cadavre de Dupouy et déclaré que toute idée de crime devait être écartée et que cette mort était le résultat d'un suicide par submersion. Dupouy, en proie depuis quelque temps à d'horribles souffrances, ne paraissait pas jouir, en dernier lieu, de toutes ses facultés mentales.

 

21 octobre 1894  

Rion-des-LandesSuicide.

Mercredi matin, vers cinq heures, la nommée Elizabeth Darmagnac, femme Lasserre, âgée de 48 ans, domiciliée à Rion, a été trouvée noyée dans un puits, à quelques mètres de sa maison d'habitation.

On attribue la cause de ce suicide à la misère dans laquelle vivaient cette femme et sa famille. Le mari, malade depuis plusieurs années, ne pouvant se livrer à un travail assidu, occasionnait à cette pauvre femme des dépenses au-dessus de ses forces. Ne touchant plus de travail dans l'atelier où elle était occupée, elle a résolu de mettre fin à ses jours.

 

2 et 5 novembre 1890

Rion-des-Landes – Dans la journée de samedi, on a découvert dans le ruisseau dit de la Molenave, près d'un moulin, le corps du sieur Mora, ouvrier, âgé de 62 ans ; détail bizarre, il y avait à peine cinquante centimètres d'eau sur ce point, et la tête seule était sous l'eau.

Tout fait supposer que Mora a voulu se suicider ; cependant on a trouvé de l'herbe dans ses mains crispées, et on peut s'étonner qu'il ait choisi ce point, quand pour y arriver il avait dû traverser un important cours d'eau.

La famille recherchait ce malheureux qui avait disparu depuis plusieurs jours et qu'elle supposait parti sous le coup de troubles cérébraux.

Le cadavre paraissait avoir séjourné assez longtemps dans l’eau ; il a été inhumé quelques heures après qu'on l'a découvert, la décomposition étant avancée. Une enquête est ouverte.

 

Juin 1883

Aire-sur-l’Adour – Une jeune fille de 13 ans, Marie Despagnet, a été trouvée noyée dans un ruisseau, non loin de l’habitation de ses parents. Les circonstances de cette mort laisseraient supposer qu’il y a plutôt suicide qu’accident ! Un pareil dégoût de la vie, chez une enfant de 13 ans, c’est raide !

 

4 février 1881 

Pontonx-sur-l’Adour – Le 26 janvier dernier, le nommé Simon Guilhemjouan, pasteur (NDLR – berger), domicilié à Pontonx, s'est noyé dans les eaux de l'Adour. Son cadavre a été retrouvé à 500 mètres environ du pont de Pontonx. Atteint d'une cruelle maladie, la pellagre, Guilhemjouan avait manifesté à diverses reprises son intention d'en finir avec la vie. Il était âgé de 67 ans.

 

Décembre 1880

BégaarSuicide. Le nommé Dehez Pierre, âgé de 60 ans, métayer et domicilié à Bégaar (canton de Tartas-Ouest), s’est noyé dans un lac à 500 mètres environ de sa maison. Deux fois déjà il avait essayé de se suicider, et malgré la surveillance que l'on exerçait sur lui, il est parvenu à mettre fin à ses jours.

 

23 juin 1880 - Suicide

Bégaar - Mercredi dernier, le cadavre d'une femme a été trouvé dans l'Adour, sur le territoire de la commune de Bégaar. M. le Dr Pouey, requis par le maire, a déclaré que la mort remontait à huit jours environ ; aucune trace de violence, d'ailleurs, n'existait sur le cadavre. Tout porte à croire que la défunte est une mendiante qui, dit-on, s’est noyée volontairement à Onard, il y a quelques jours, par suite de pellagre.

 

17 mars 1880 - Suicide

Saint-Yaguen – Une jeune fille de Saint-Yaguen, Jeanne Batlay, avait disparu de son domicile pendant la nuit du 10 au 11 courant ; vendredi dernier, 12, des gabarriers qui remontaient la Midouze ont découvert dans la rivière le corps submergé de la jeune fille, ne donnant plus signe de vie.

M. Deslous, médecin à Meilhan, a examiné le corps et a reconnu qu'il ne portait aucune trace de violence. L'enquête n'a pas encore révélé les causes qui ont pu déterminer cette infortunée, à peine âgée de 18 ans, à mettre fin à ses jours.

 

18 juin 1879

Pontonx-sur-l’Adour - Le 12 juin dernier, M. Jean Gensous, propriétaire à Pontonx, et Madame Lacouture, demeurant à Préchacq, trouvèrent sur le chemin de halage qui longe l’Adour, à 600 mètres environ du pont de Pontonx, sur le territoire de la commune de Gousse, un tablier étendu sur lequel on avait déposé une paire de pantoufles, un mouchoir de poche et quelques menues monnaies. Soupçonnant qu’il pouvait s’agir d’un suicide, ils s’empressèrent de prévenir M. Vives, adjoint faisant fonction de maire à Nousse, qui arriva en toute hâte.

Un grand nombre de personnes se mirent à faire des recherches dans l’eau, et après quatre heures de travail finirent par en retirer un cadavre qui fut reconnu pour être celui de la nommée Catherine Lagrace, âgée de 17 ans, née à Goos et domestique à Pontonx chez Mme Darroze. Le corps ne portait aucune trace de violence, ainsi que le put constater M. Gabarret, médecin de Pontonx.

Madame Darroze, auprès de qui on prit des informations, déclara qu’on devait attribuer cet acte de désespoir au chagrin que Catherine Lagrace avait éprouvé en se voyant congédiée par sa maîtresse, la veille au soir, à la suite d’une intrigue amoureuse.

Les parents de l’infortunée ont réclamé le corps et l’ont fait transporter à leur domicile à Goos.

 

29 décembre 1876

Saint-Sever - Le sieur Laulom, ancien gendarme, qui s’était retiré à Saint-Sever, quartier de Péré, s’est volontairement noyé dans la nuit de jeudi à vendredi. Il s’est jeté dans l’Adour, à quelques centaines de mètres du pont de Saint-Sever, près d’un point que l’on appelle la pépinière. Un billet, laissé par lui dans sa chambre, faisait savoir qu’il en voulait finir avec une existence pleine d’ennuis ; le billet indiquait également le lieu où le cadavre serait vraisemblablement retrouvé. Laulom était marié, il ne laisse pas d’enfants.

 

Juin 1875

Caupenne - Le corps du malheureux jeune homme Jean Dangoumau, dont nous avons raconté le suicide par immersion dans la matinée de vendredi dernier, a été retrouvé samedi soir vers le milieu des Allées marines où l’avait porté le courant du flot. Son père, arrivé en toute hâte à Bayonne au su de la fatale nouvelle, avait fait draguer le long des quais de l’Adour et c’est grâce à cette mesure qu’il a pu retrouver aussitôt et ramener avec lui, à Caupenne (Landes), le cadavre de son fils, seule consolation pour son immense douleur. La triste fin du pauvre garçon avait provoqué en ville une longue et douloureuse impression.

 

26 janvier 1872

Souprosse - Le sieur Darrieutort Etienne, âgé de 24 ans, mendiant, demeurant à Souprosse, s'est suicidé par submersion. Ce malheureux était infirme et ne pouvait pas travailler. Pris en flagrant délit de vol de froment au préjudice de M. Peyre et craignant les poursuites de la justice, il est parti de chez lui disant que l'on ne le verrait plus. En effet, il alla tout droit se précipiter dans l'Adour. Son cadavre a été retiré de la rivière, après avoir séjourné 24 heures dans l'eau.

 

3 mars 1872

Toulouzette - On nous écrit de Souprosse le 27 février à 8 heures du matin :

M. Lalanne, de Toulouzette, qui était dans une barque sur l'Adour, a vu un cadavre accroché aux ronces. Il en a immédiatement informé l'autorité. Le corps, ramené sur la berge, a été reconnu par M. le maire de Souprosse ainsi que par beaucoup d'autres personnes pour être celui du suisse de l'église paroissiale de Mont-de-Marsan.

On a trouvé dans ses poches 83 fr. et 40 ct, un couteau, un porte-lunettes et plusieurs clefs. Le médecin, M. Lafage, de Souprosse, a déclaré que le corps ne portait aucune trace de violence et que la mort par immersion remontait à moins de 25 jours.   

La famille Lamothe, prévenue par M. le procureur de la République de Saint-Sever de la découverte du cadavre, est arrivée à Souprosse pour s'occuper de l'enterrement de ce malheureux.

Il résulte de l'enquête que la brigade de Tartas a faite sur les lieux qu'un chagrin de famille aurait déterminé l'infortuné Lamothe à mettre fin à ses jours par un suicide. D'ailleurs, un membre de la famille Lamothe me disait que, depuis la mort de sa femme, il se montrait très affecté de certaines dispositions testamentaires, à tel point que la moindre contrariété le mettait hors de lui ; la comparution devant le juge de paix, à la requête de sa portière, lui avait ôté presque l'usage de la raison.

 

 

La pellagre

Plusieurs suicidés étaient atteints de cette affection de la peau qui les mettait à l’écart de leur entourage, tels les lépreux, auxquels ils ressemblaient tant. 

 

Sujet atteint de pellagre (Wikipédia).
 

Il s’agit d’une maladie qui se manifeste par trois catégories de symptômes : atteinte cutanée à type d'hyperpigmentation des zones exposées au soleil, diarrhée et démence. Elle atteint les populations pauvres dont l'alimentation contient peu de tryptophane et de vitamine B3, comme dans les régimes à base de maïs non nixtamalisé. La nixtamalisation est un procédé très ancien par lequel des grains de maïs sont trempés et cuits dans de l'eau de chaux (ou plus traditionnellement un mélange de cendres de bois et d'eau), ce qui fragilise la coque externe transparente et qui améliore la valeur nutritionnelle par une augmentation de la disponibilité en vitamine B3 et différents acides aminés dont les carences sont à l'origine de la pellagre.

  

Un grand merci à Denis Fery qui a patiemment compilé tous les faits divers des journaux des Landes et me les a gracieusement communiqués.

 

Sources

  

  • AD40 : Le Républicain Landais.

 

 

   

 

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