Les années 1870 à Campagne-de-Marsan (Landes) : une ambiance très Far-West !

Un désert de France paisible et presque oublié de tout le reste du pays ? De paisibles bergers malingres sur leurs échasses qui regardent passer les moutons ? Une morne plaine de marécages et de pins maritimes ? Que nenni ! Les journaux de l’époque rapportent quelques faits divers plus animés, à la sauce de la conquête de l’Ouest américain.
 

Le Républicain landais

 
5 avril 1872
Campagne - La chambre des mises en accusation près de la cour d’appel de Pau vient de renvoyer devant les assises des Landes le nommé Daudignon Jean*, laboureur, demeurant à Campagne, comme accusé d’avoir, le 13 janvier 1872, employé un moyen quelconque pour entraver la voie de fer, la marche des trains ou les faire sortir des rails.
C’est à Saint-Martin-d’Oney qu’a eu lieu cette tentative de déraillement ; des grosses pierres ainsi qu’un rail détaché avaient été disposés sur la voie. Quatre de ces pierres avaient été placées sur l’un des rails, six sur l’autre, et le rail détaché était posé derrière les pierres en travers de la voie. Vers 2 heures et demie de l’après-midi, un train de voyageurs arrive à cet endroit, il n’est plus qu’à une faible distance de l’obstacle et il va inévitablement s’y heurter lorsque le mécanicien Taillade, qui l’aperçoit, parvient, par la rapidité de manœuvres qu’il exécute, à arrêter la locomotive et éviter ainsi un déraillement qui se serait malheureusement commis.
 
24 avril 1872 - Session de la cour d’assises.
Daudignon Jean, 21 ans, cultivateur à Campagne - Tentative de déraillement - Cinq témoins.
 
28 avril 1872 - Audience du 24 - Jean Daudignon, cultivateur à Campagne, qui a eu la mauvaise pensée de placer sur les rails de la voie ferrée, à Saint-Martin-d’Oney, six grosses pierres d’un côté et quatre de l’autre, consolidées à l’aide d’un rail placé en travers de la voie, dans le but sans doute de donner le spectacle d’un déraillement de train.
Reconnu coupable du crime qui lui est imputé, mais avec admission des circonstances atténuantes, Daudignon n’a été condamné qu’à 5 ans de prison.
 
*Registre d'écrou : Jean Daudignon, né à Meilhan, fils de Jean et de Jeanne Labeyrie, demeurant à Campagne, cultivateur. Taille : 161 cm, petit nez relevé, barbe naissante. Écroué à la prison de Mont-de-Marsan, le 19/02/1872, inculpé de « tentative de déraillement ». Transféré ensuite à Pau, puis devant la cour d’assises des Landes. Ne semble pas avoir été envoyé au bagne.
 

Le Journal des Landes

 
6 février 1868
Meilhan-Campagne
Une tentative d’attaque nocturne à main armée a été commise dans la soirée du deux courant, à quelques kilomètres du chef-lieu des Landes, sur la route impériale n° 10, entre Meilhan et Campagne.
La gendarmerie de Mont-de-Marsan, sur les plaintes portées par MM. Delmas et Dauriac, voyageurs de commerce de Toulouse, a dressé un procès-verbal.
Un coup de fusil a été tiré sur les deux voyageurs qui se trouvaient dans une voiture qu’ils conduisaient eux-mêmes. La capsule de l’arme à feu a été seule entendue.
Voyant le danger qui pouvait les compromettre par suite de l’arrivée d’une voiture publique qui apparaissait au lointain (celle qui fait le service de Dax à Mont-de-Marsan), les malfaiteurs ont pris la fuite en suivant des pignadas épais.
 
Un grand merci à Denis Fery qui a patiemment compilé tous les faits divers des journaux des Landes et me les a gracieusement communiqués.

 

Sources

 
  • Le Journal des Landes
  • Le Républicain landais
  • AD40 - 2 Y 35-Août 1870 - mars 1873. Registre d’écrou.
 

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